Conseils lecture
Au bout de quinze années d'absence, Dashiell Bad Horse revient dans la réserve indienne qui l'a vu grandir. Drogue, alcool et mafia régissent toujours la vie de Prairie Rose. Engagé dans la police tribale par le chef Red Crow, Dashiell doit contenir les traditionalistes et limiter la prolifération des laboratoires de méthadone, quitte à user de méthodes musclées. La mère de Dashiell vit toujours à Prairie Rose et tient un rôle majeur, mais pacifiste, dans l'activisme nationaliste. Dashiell serait-il revenu pour lui demander des comptes ? De nombreuses histoires s'enchâssent dans ce récit à la fois noir, violent et captivant où l'on découvre la vie (désenchantée) dans une réserve indienne. On attend avec impatience la suite de ce sombre comics, écrit brillamment. - Michaël
Ichitarô est un amoureux de la vie, plein d’espérance, tout est source de joie pour lui. Chihaya, elle, est tout le contraire, grincheuse, mal dans sa peau, elle subit plus qu’elle ne vit. Un jour leurs chemins vont se croiser et ce qui les sépare va les rapprocher. Chihaya redécouvrira le monde à travers les yeux éteints d’Ichitarô. Ce récit complet provenant du Japon est une ode à la vie. Il cultive le positivisme en recherchant le bon côté de chaque chose. Il traite du handicap et en fait une force en montrant que la vie, malgré l’adversité, à une valeur unique à apprécier. - Michaël
Le roi a vu un dragon, non loin d’ici. Tant qu’on ne l’a pas vaincu, il ne voudra pas aller au lit. Alors trois de ses chevaliers s’en vont le chasser. Mais ces valeureux personnages ne voient pas très bien dans la nuit et confondent le féroce dragon avec tout ce qu’ils peuvent croiser : des lapins, des oiseaux ou même des ours…
L’humour de cet album réside dans un jeu d’illustrations en ombres chinoises et dans les erreurs à répétition que commettent nos courageux, mais pas très malins, chevaliers. En effet, la nature a décidé de leur jouer des tours et la nuit, tout prend la forme d’un dragon. Le niveau de lecture simple et accessible est à hauteur d’enfants pour les faire rire aux éclats aux dépends de nos trois énergumènes.
Les illustrations, tantôt sombres, tantôt colorées, offrent un rythme joyeux à l’ensemble. Elles fourmillent de petits détails à observer, qui ajoutent de la profondeur à l’histoire, comme les accessoires que tiennent nos chevaliers par exemple.
Si le concept des ombres chinoises a déjà été bien exploité dans la littérature jeunesse, cet album utilise cette technique avec beaucoup de justesse, tout en dépoussiérant par la même occasion les histoires de chevaliers ; pour le plus grand bonheur des petits et des grands.
Nolwenn
Southern Bastards est un récit âpre, violent, qui se situe en Alabama, dans le Sud américain rural contemporain. Là-bas la violence, le racisme sont monnaie courante, encore plus dans les bastions oubliés. Nous avons donc entre les mains une œuvre d’une dureté extrême, mais ô combien maîtrisée et assumée par les auteurs. Jason Aaron, spécialiste des récits noirs, nous livre une nouvelle fois un titre sur les tréfonds de l’âme humaine et de cette Amérique qui peut être encore aujourd’hui si cruelle. - Michaël
Le Prince héritier Sébastian de Belgique a un secret. Loin de l’image, du protocole que lui impose son titre, il est passionné de mode et aime à se travestir. Lors d’une soirée mondaine, il remarque le travail de Francès, jeune roturière couturière, qui sera désormais à son service. Tous deux, ils créeront le personnage énigmatique de Lady Crystallia, icône de la beauté et de l’élégance. Un tel secret peut-il rester caché de tous ? Surtout lorsque les sentiments s’en mêlent... Ouahhh que c’est bon, que c’est bien et à tout point de vue ! L’idée est originale, bien développée et nous réserve une fin imprévisible, mais de toute beauté. Ce titre est une merveille de bonté, de bienveillance. Il ravira les enfants, mais également les adultes, tant les messages qu’il véhicule sont positifs. Les personnages sont expressifs et attachants grâce au style coloré et clair de Jen Wang. Pour conclure « Le Prince et la couturière » est une œuvre tendre et audacieuse qui détourne avec brio les codes des contes d’antan. - Michaël
Colette est une petite fille un peu timide qui vient d'emménager dans le quartier et a peur de sortir de la maison, d'aller vers l'inconnu. Pourtant, après une remontrance de sa mère, elle va devoir affronter sa peur et découvrir son nouvel univers. Douée d'une grande imagination, notre héroïne ne va pas tarder à faire de nombreuses rencontres. "L'oiseau de Colette" est un titre à classer dans "Mes premières bandes dessinées". Destiné aux plus jeunes, il est bâti pour le lectorat débutant : des illustrations pleine page agrémentées de bulles disposées de façon claire et précise. Bien sûr ce titre a d'autres qualités, à commencer par son récit. Une aventure pleine de surprises et de rebondissements, construite sur le mode de la randonnée, où l'on suit les péripéties de Colette avec enthousiasme. L'autre point fort de ce titre, ce sont ses illustrations : magnifiques. Elles sont pleines de tendresse, de douceur, cadrées à merveille et aux tons "crayon de bois" réhaussés, juste comme il faut, de deux ou trois couleurs. Encore un très bon titre jeunesse à lire et à partager. - Michaël
Il existe une multitude de guides de voyage, plus ou moins semblables, nous présentant un pays, une région ou encore une ville, et il existe les « guides » de la collection « Corail » des éditions Maison Éliza. Ceux-ci ont la faculté magique, via de magnifiques aquarelles et des textes courts, de nous faire vivre, ressentir un pays. « Un Portugal » ne déroge pas à cette règle et nous transporte littéralement chez nos amis Lusitaniens. Nous parcourons ce pays du nord jusqu'au sud, s'arrêtant tantôt pour admirer une enceinte fortifiée, tantôt un parc naturel ou encore pour goûter aux délicieuses « pasteis de nata ». Nous nous imprégnons également des coutumes et autres traditions locales. Tout cela sans effort, puisque le documentaire est construit comme si on nous racontait une histoire. Arrivés à la dernière page, nous refermons le livre et ressentons un peu de cette 'saudade' qui berce l'esprit portugais.
Ce très bel album propose de (re)découvrir la formidable aventure réalisée par la ville du Loroux-Bottereau et le collectif Les Locaux, qui, ensemble, ont œuvré pour offrir un magnifique au revoir à l’ancien hôpital Saint-Pierre.
Fermée depuis 2019, cette structure est devenue un véritable espace d’expression artistique. De nombreux·ses artistes ont investi les lieux et ont transformé le bâtiment, intérieur comme extérieur, en une immense galerie d’art aux styles aussi divers que variés.
Les photographes Pauline Théon et Bertrand Vacarisas ont su capter l’âme de ce lieu en mutation, à travers des images fortes, sensibles et poétiques.
Un témoignage visuel puissant, entre mémoire des murs et souffle créatif.
Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont eu lieu et les autorités sont passées à une transition écologique radicale. A travers la vie de Lisa, on découvre la vie quotidienne régie par les nouvelles technologies : drônes absolument partout qui contrôlent les moindres faits et gestes. En parallèle, le journal intime de la mère qui ne s’est jamais remise d’un amour perdu d’adolescence .Lisa cherche ce qui se cache derrière la mélancolie de sa mère qui n’a jamais su l’aimer. Ce roman d’anticipation dénonce les systèmes totalitaires et les états policiers. Ce n’est pas sans rappeler le Big brother de 1984 mais quand le roman d’Orwell est paru en 1949 c’était de la science-fiction alors qu’à la lecture de La mer monte, au ton, malgré tout humoristique, on prend conscience qu’on est déjà propulsé dans ce monde connecté
A lire absolument - Catherine
Tom a peur, c’est son premier jour dans sa nouvelle école. Alors, pour le rassurer son papa lui dit maladroitement : « Les grands garçons ne pleurent pas. » Fort de ce conseil, Tom ne pleura pas, mais en chemin… Jonty Howley nous offre une histoire touchante, pleine de tendresse et d’émotion. Il décrit simplement, mais avec justesse, l’image que notre société nous impose de la masculinité. Un homme ça doit être fort, ça ne montre pas ses émotions et surtout ça ne pleure pas ! Poncif qui a la vie dure ! Et pourtant, en quelques pages Jonty Howley réussit à détruire ce modèle archaïque. Il laisse les hommes, les garçons s’exprimer et montre toute leur sensibilité. Loin des clichés, il dépeint une relation sans préjugés entre un père et son fils, saine et surtout sincère. Cet album ne s’arrête pas là, car l’enfant apprendra également que les larmes versées ne sont pas toujours de tristesse, mais qu’elles peuvent être de natures différentes selon les situations. Jonty Howley illustre également son récit et nous transmet toute sa sensibilité par des dessins tendres à la technique irréprochable. Pas de « larmes de crocodile » avec ce titre, mais un réel coup de cœur. - Michaël
Vidal Balaguer est un peintre espagnol du 19ème siècle. Artiste talentueux, il n’a jamais souhaité vendre ses œuvres les plus personnelles prétextant qu’elles étaient une partie de lui. Son attitude, sa mystérieuse disparition et le peu de tableaux conservés à ce jour ont contribué à son oubli. Natures mortes nous fait découvrir ou redécouvrir cet artiste, au talent indéniable. Avec justesse et tendresse, Zidrou a concocté un récit captivant sur les affres de la création, aidé et sublimé par les peintures d’Oriol qui a su se hisser au niveau de l’artiste raconté. Un pur moment de magie qui a, en plus, le mérite de nous faire découvrir le milieu de la peinture espagnole du 19ème siècle.