Conseils lecture
Comme toutes les jeunes filles de son âge, Raina, 11 ans, passe le plus clair de son temps à rêvasser et à chahuter avec ses frères et sœurs. Son entrée en sixième s'est passée tout naturellement : elle a des amies, d'assez bonnes notes et se sent bien dans ses baskets. Pourtant, un malheureux accident va bouleverser cet équilibre. Une mauvaise chute casse à jamais ses deux dents de devant. Défigurée, la jeune fille va alors subir de nombreuses opérations ainsi que le port d'appareils tous plus horribles les uns que les autres. Son calvaire de presque 5 ans va profondément modifier sa personnalité et de ce fait, sa relation aux autres. En pleine adolescence, comment avoir confiance en soi et dire à l'être aimé ce que l'on ressent avec de fausses dents et du fil de fer plein la bouche ?
Sensible et drôle, cette histoire peut, si vous avez une dent contre les dentistes, vous réconcilier avec eux. Et si, tout comme notre héroïne/auteure, vous avez des problèmes de dentition, elle vous redonnera le sourire et l'envie de croquer la vie à pleines dents. - Michaël
Avez-vous déjà eu des réclamations à faire aux personnages de contes de fées ? Au Petit Chaperon Rouge, parce que quand même, elle aurait dû remarquer que le loup avait remplacé sa grand-mère ? À la belle au bois dormant, parce qu'elle ne sert à rien ?
Eh bien, une certaine C. C. Cecily a décidé de transmettre vos lettres à ces personnages et de publier leurs réponses. Et qu'est-ce que c'est drôle ! Un livre très réussi, tant au niveau du texte qu'à celui de la mise en page : de vraies lettres authentiques et bien réelles, de très chouettes illustrations pour accompagner chaque conte…
C'est un vrai plaisir à lire !
Xabi, comme 25 autres adolescents, ne connaît du monde que le domaine du Danube. Vivant sous terre, à l'abri de tout, ils partagent leur vie parfaitement organisée avec leurs tuteurs et parents. Bientôt, iels devront quitter ce coin de paradis pour entrer dans le monde. Mais qu'y a-t-il vraiment, au-delà des frontières de leur domaine ? Dans quel état se trouve la terre ?
Petit à petit, Claire Duvivier nous plonge dans un univers bien particulier, quelques décennies après les épidémies et l'effondrement climatique qui ont décimé la Terre.
Un récit sur l'avenir de l'humanité où, entre action et révélations, on n'a pas le temps de s'ennuyer ! Mais la grande force de ce livre, c'est aussi l'amitié qui lie les personnages entre eux, et la relation tissée avec leurs animaux de compagnie, qui en font un roman touchant et plein d'espoir.
Une excellente porte d'entrée dans l'univers de la science-fiction et des dystopies !
Un joli jeu de cartes où il vous faudra compter vos points… à l’envers !
Cette mécanique particulière sera vite prise en main, et que vous ayez remporté la partie ou subi une défaite écrasante, vous n’aurez qu’une envie : faire mieux !
C’est un jeu stratégique, avec une part de hasard qui saura rétablir l’équilibre entre des joueurs d’âges différents.
En plus de ça, le jeu est très joliment illustré. Chaque carte est unique, pleine de détails que vous remarquerez peut-être au fil des parties.
De 2 à 6 joueurs et à partir de 10 ans.
Amandine est autrice, alors qu’elle intervient un soir dans une librairie elle est interpellée par la profession d’une des participantes, thanatopractrice. Elle observe cette jeune femme dont le métier est de donner à la mort un visage présentable. Loin des clichés, elle est charmante, souriante et surtout elle ne sent pas la naphtaline.
Il n’en faut pas plus pour piquer la curiosité de l’autrice. Germe alors en elle l’idée d’une correspondance avec Gabrièle, la thanatopractrice : pourquoi a-t-elle choisi ce métier et plus généralement comment vit-elle cette proximité, cette intimité avec la mort ?
Il s’engage alors, un étrange échange, l’occasion aussi pour Amandine Dhée de s’interroger sur son propre rapport à la mort. De son angoisse personnelle, à la façon de l’expliquer à son fils, en passant par les fois où elle y a été confrontée, se dessine un chemin sensible et plein d’humour. Grâce à sa spontanéité et à sa franchise l’autrice réussit à désacraliser la mort et lui donne une figure humaine. Quand à Gabrielle, c’est passionnant de découvrir sa vocation et l’extrême intelligence et délicatesse dont elle fait preuve pour rendre plus acceptable aux familles la disparition d’un·e proche et pour que la/le défunt·e
garde toute dignité.
Un très bel ouvrage, particulièrement surprenant et émouvant.
Le monde tel que nous l’avons connu n’existe plus. La grande catastrophe a modifié à jamais l’avenir du genre humain. Victoria est l’une des rares survivantes. Elle erre dans cet univers dévasté à la recherche de ses parents qu’elle pense être la source d’une mystérieuse lumière apparaissant chaque nuit dans le ciel. Ce voyage, elle ne le fait pas seule : elle est accompagnée par Bajka, fidèle chienne dont la compagnie est source de réconfort. Un monde n’est plus, un nouveau est en place, mais les codes en sont bien différents... Bajka est une série jeunesse post-apocalyptique dont l’atout majeur est le mystère. Dans les deux premiers volumes de cette série, composée de 6 au total, nous faisons la connaissance de Victoria et Bajka, apprenons leur caractère et apprécions leur complicité. L’intrigue est posée, mais entourée d’un épais brouillard fait d’étrangeté et d’interrogations. Que s’est-il passé ? Qu’est devenu le genre humain, dont Victoria semble être la dernière représentante ? Et les animaux : sont-ils maintenant tous doués de parole ? Des questions, mais pas encore de réponses. Qu’importe puisque le récit est brillamment écrit. Le rythme est soutenu, la lecture rapide, ce qui nous frustre un peu car il faudra attendre encore pour en connaître la conclusion. Les illustrations de ce jeune artiste polonais sont fraîches et dynamiques. Il utilise un gaufrier avec peu de cases, au parfait mixage entre cultures états-unienne et européenne, d’où ce dynamisme qui nous entraîne. Ses planches, aux teintes orangées, rendent une ambiance particulière, pesante, et un jeu de couleurs permet aux jeunes lecteurs de pouvoir différencier l’avant et l’après apocalypse. Grâce à une atmosphère singulière et une mise en scène différente, ce titre se démarque de la production actuelle ; il mérite pour cela toute notre attention. - Michaël
A la ferme, on va bientôt choisir un·e nouvelle·au chef·fe. Comme d’habitude les candidat·es sont des habitant·es : Pierre Cochon, Jeanne Poulette… Mais cette année, il y a un nouveau : Pascal Leloup. Sa candidature semble très appréciée. Il est drôle, rencontre tous les animaux, fait des photos avec les jeunes… Bref, il ferait le chef idéal. Il est intelligent et en plus, ce qui ne gâche rien, très beau. Pourtant qui se cache vraiment derrière ce personnage qui fait l’unanimité ?
Davide Cali aborde ici avec humour tous les stratagèmes utilisés par les politiques peu scrupuleux·ses pour se faire élire. Fausses promesses, apparence trompeuse… toute la panoplie est réunie.
Les dessins sont rigolos et truffés de petits détails pour les regards avisés.
Cet album amène petit·es et grand·es à réfléchir aux rouages de la politique tout en restant léger et drôle.
Il faut toujours se méfier de l’excès de confiance et surtout : l’habit ne fait pas le moine.
Plongez dans l’univers hilarant et éducatif de “L’attaque des slips tueurs” !
Cette BD signée Élise Gravel vous apprend à déjouer les fake news avec humour et intelligence.
Parfaite pour les petits et les grands, elle vous fera rire tout en vous rendant plus malin face à la désinformation. À lire absolument !
Sylvaine vit dans la campagne française, à une époque que l’on peut imaginer au Moyen Âge. Elle vient tout juste de sevrer son fils Jehan lorsqu’on lui confie une petite fille, Gladie. Une nuit de pleine lune, Sylvaine est mystérieusement attirée dans la forêt, où elle découvre un bébé abandonné accompagné d’un carnet. Lorsque Gladie meurt soudainement, la jeune nourrice décide d’échanger les deux enfants, déclenchant une série de bouleversements intimes et sociaux.
En parallèle de l’histoire des nourrices, des chapitres en italique donnent voix au journal d’une femme qui raconte, maladroitement mais avec sincérité, son histoire et les raisons de l’abandon. Peu à peu, les deux récits se rejoignent et révèlent la force des femmes, leur solidarité et leur résistance face à un système qui les exploite.
Nourrices est un premier roman poétique, parfois violent, entre conte et réalisme. Dans une langue brute, Séverine Cressan décrit l’exploitation des corps féminins à travers le marchandage du lait maternel, mais aussi la sororité, les pouvoirs de la nature et l’amour qui circule entre ces femmes et les enfants qu’elles portent, allaitent ou recueillent. Un texte touchant et bouleversant.
Connaissez-vous la loi de Murphy, appelée également loi de l’emmerdement maximal, ou encore la fameuse théorie de la tartine beurrée qui tombe toujours du mauvais côté ? Selon elle, si une catastrophe peut arriver… elle arrivera. C’est exactement ce que ce court roman va démontrer, avec un humour irrésistible, en suivant les mésaventures d’un couple pas tout à fait comme les autres : les Godart.
Ils sont tous les deux thérapeutes. On peut les imaginer, selon l’auteur, « de classe CSP+ cultivée, tendance bourgeois-bohème de centre-ville parisien, fréquentant les cinémas d’art et d’essai, les théâtres et salles d’expos, mangeant bio, voyageant éthique, votant à gauche, vivant à droite. »
Ils viennent d’emménager dans leur nouvel appartement, et toute l’histoire va se dérouler dans leur salon au lendemain de leur pendaison de crémaillère. Autant dire que le réveil est bien difficile et qu'à partir de là, les ennuis vont s’enchaîner dans une mécanique implacable, où chaque élément précipite le suivant.
L’écriture de ce huis clos s’apparente à celle d’un vaudeville : théâtrale, rythmée, drôle, offrant des situations et des rebondissements déjantés. On imagine sans peine les personnages évoluer sous nos yeux, pris au piège de leur propre quotidien.
Une comédie satirique sur le destin, la poisse, le couple et nos petites contradictions humaines.
J.M. Erre n’a pas voulu écrire un « feel good », mais son livre nous apporte de la gaieté — et ça fait du bien.
Jacques Peuplier est un homme étrange. Solitaire, peu bavard, voire un peu rustre, il gagne sa vie en retrouvant pour le compte de particuliers tout et n’importe quoi de perdu. Il est le meilleur dans son domaine, lorsqu’il daigne accepter une affaire. Son secret : il écoute et parle à toutes les choses matérielles qui sont des témoins privilégiés. L’étrange est son domaine, pourtant lorsqu’il accepte une affaire pour la famille Monk, il est loin de se douter qu’il s’apprête à franchir un nouveau pallier dans le monde du mystère... VilleVermine est un récit singulier et captivant. A l’image de son personnage principal, il est mystérieux à souhait. Son intrigue pour le moins originale nous entraîne dans une ville curieuse ou chaque coin de rue est propice à une histoire, à une intrigue, mais loin de nous perdre, Jacques Peuplier nous guide à travers ces dédales. Julien Lambert réussit avec cet album à créer un personnage fort attachant avec son don, mais également ses faiblesses, ses blessures, le rendant inadapté à la société. Auteur « complet », il illustre avec maestria cette saga. Son style particulier, son choix de couleurs et ses cadrages sont remarquables. Ils rendent un titre très dynamique et d’une très bonne lisibilité. En seulement deux volumes vous tomberez sous le charme de cette enquête peu banale qui a décroché cette année le Fauve « Polar SNCF » d’Angoulême. - Michaël
Lorsqu'une personne éternue, il est de tradition de dire " à vos souhaits", mais Félix, lui, détourne la chose en disant : "A mes souhaits". Pour quelle raison ? Tout simplement parce que c'est sa collection... Félix collectionne les souhaits des autres ! Il a déjà une belle collection lorsqu'il rencontre Calliope. Cette mystérieuse jeune fille n'a pas de souhait, mais pourquoi ? Loïc Clément nous a écrit un très beau conte, original et poétique. Cette oeuvre est mise en image par Bertrand Gatignol, illustrateur talentueux au trait fin qui donne vie à cette oeuvre d'une grande beauté. La bande dessinée jeunesse est un vivier de récits innovants et de qualité, "Le voleur de souhaits" fait partie des prochains classiques de la littérature. - Michaël
Conseils lecture
Les Willoughby sont une bien drôle de famille. Tim, Barnaby A, Barnaby B et Jane, les quatre enfants, se verraient bien comme ces orphelins qui vivent des aventures en tous genres dans des vieux livres poussiéreux. Seulement voilà, ils ont un problème : des parents. Des parents qui ne connaissent même pas leurs prénoms. Déterminés à devenir orphelins, ils vont tout faire pour se débarrasser d'eux…
Des enfants malheureux, des parents exécrables, une nounou, un vieux milliardaire esseulé, un bébé abandonné : tous les ingrédients d'un "roman vieux jeu" sont là, et d'ailleurs la narration n'est pas sans rappeler les fameux Orphelins Baudelaire… en moins dramatique ! De situations absurdes en dialogues décalés, ce roman est une parodie drôle et percutante des "vieux livres poussiéreux" auxquels il fait référence. On en redemande !
Marceau Miller, quarante ans, est un romancier à succès, vivant avec sa famille dans un confortable chalet près du lac Léman.
Il a toujours eu le goût du risque : pilotant son ULM Savage Bobber, pratiquant la plongée ou encore l’escalade à main nue et sans protection. Peut-être est-ce pour frôler la mort et se rapprocher ainsi de sa sœur, disparue vingt ans plus tôt.
Un matin, après la fête organisée pour la sortie de son dernier livre, il disparaît. Son corps est retrouvé écrasé au pied de la dent du Vélan par sa femme et un vieil ami. Sarah est la seule à ne pas croire à la thèse de l’accident de son mari. Lorsqu’elle découvre qu’il a laissé un roman et une somme d’argent, elle se lance dans un jeu de piste vertigineux, en quête de la vérité, faisant ressurgir les souvenirs et les drames pas complètement recouverts malgré les années.
Mêlant suspense et émotion, Le Roman de Marceau Miller nous plonge dans une enquête captivante, où l’on ne cherche pas seulement un coupable, mais où l’on découvre peu à peu les secrets d’un homme connu de tous et inconnu des siens.
Chacun des six chapitres nous dévoile de nouveaux rebondissements ou indices. Chaque personnage a sa version des faits pour mieux nous dérouter, gardant le suspense intact jusqu’à la dernière page.
Qui est donc vraiment Marceau Miller ? Écrivain et scénariste dans la vraie vie, le voilà à la fois romancier et personnage clé de son propre thriller. Caché derrière son pseudo, il ne dévoilera rien de son identité, ajoutant un double mystère à son ouvrage très réussi et addictif.
Une adaptation audiovisuelle serait d’ailleurs déjà en prévision.
Réussirez-vous à résoudre l’énigme ?
Grand-mère Doumia se rappelle son enfance à Paris, mais surtout les moments difficiles qu'elle a endurés. Cela la rend triste et mélancolique. Sa petite-fille la surprend dans cet état et ne peut s'empêcher de la questionner. C'est peut-être après tout le moment de tout lui raconter. De lui parler de cette enfance brisée par la guerre, de cette enfance volée par la rafle du Vel' d'Hiv, de cette enfance construite dans la peur et les humiliations d'être née juive durant la Seconde Guerre mondiale. Sans tomber dans le didactisme, Loïc Dauvillier nous livre ici un récit poignant sur la Seconde Guerre mondiale. Il ne montre aucune atrocité, mais sait les suggérer grâce au scénario et à la mise en scène. Un récit juste, sensible et pudique qui s'adresse aux enfants comme aux adultes. - Michaël
Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible « La caverne » s'en va. Sans cris, et sans valise. Juste un mot : " Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. « Pour son mari Hédi, et Salmane, leur fils de 36 ans, vivant encore chez eux, c’est un tsunami.
Père et fils tentent alors de comprendre où et pourquoi celle qui était le pilier de leur famille est partie. Après des recherches infructueuses, chacun affronte la situation à sa manière. Entre colère, silence et enquête obstinée, ils vont devoir réapprendre à se parler et affronter ensemble leur passé tunisien.
Ramsès Kefi signe une fresque intime et sociale où la cité ouvrière de « La Caverne » devient un personnage à part entière, avec ses habitants, son ancien PMU, ses murs ornés de bisons… Un décor vibrant, tendre et discret, témoin des failles et des forces de ceux qui l’habitent.
Ce premier roman plein de fougue et de sensibilité, est un hymne aux mères invisibles, aux hommes fragiles mais tendres, et à ceux qui puisent dans leurs origines la force d’avancer.
Un récit lumineux, profondément touchant, qui explore la famille, l’identité et l’amour.
L'hiver et la neige sont tombés sur la forêt et le loup en slip se les gèle méchamment ! Mais se les gèle quoi ? Il porte pourtant un slip ! C'est l’inquiétude, pour ne pas dire la panique, chez les habitants de la forêt... Le loup en slip revient dans une nouvelle aventure tout aussi pertinente que la première. Encore une fois les auteurs nous donnent, par le biais de l'humour, une grande leçon de vie, d'humanité. L'illustration est belle et en parfaite harmonie avec le ton utilisé. Une réussite, lorsque l'on sait que ce titre jeunesse n'est, à la base, qu'un spin-off de la série adulte à succès Les vieux fourneaux. Alors bravo les artistes de régaler petits et grands dans un même univers. - Michaël
Une série de meurtres effroyables affole la ville de Gotham. Pour résoudre cette affaire, le meilleur détective du monde, Batman, est appelé en renfort. Cependant, cette enquête va le mener dans une machination sans pareil où le tueur sanguinaire ne serait que la porte d’entrée d’une affaire bien plus sordide…
Batman Dark Party est une saga en quatre volumes qui présente, dans chacun des albums, un récit policier complet. Les auteurs, via cette série, renouent avec le Batman de la fin des années 30, qui, bien avant d’être un super-héros se battant contre des menaces cosmiques, était avant tout un personnage élucidant moult affaires par sa réflexion et ses qualités de détective.
Dans cet album, une atmosphère sombre et inquiétante est de suite installée, elle transpire l’angoisse. Batman est présent, mais pas son alter ego Bruce Wayne, ce qui laisse entièrement la place à l’enquête, dont le mystère tient en haleine jusqu’à la dernière page. Nous suivons notre héros, bien plus humain, bien plus fragile, un parti pris des auteurs pour le rendre accessible. Les illustrations et les cadrages d’Hayden Sherman dénotent également de la production régulière. Il apporte un dynamisme et une fraîcheur rarement atteints ces dernières années.
Avec "Batman Dark Party", les auteurs signent une œuvre dense et captivante, qui rend hommage aux racines les plus sombres du Chevalier Noir. Ce premier volume donne le ton d’une saga prometteuse, où l’enquête prime sur l’action, et où Batman redevient ce qu’il est fondamentalement : un détective traquant les ombres.
Des camions et des caravanes arrivent dans un pré puis les forains installent leurs attractions à la lisière d’une forêt. Le jour, la fête foraine bat son plein ; puis la nuit tombe, le gardien fait une dernière ronde et le lieu se vide en attendant de recommencer le lendemain. Vraiment ? Non… car les animaux qui observent depuis leur forêt sont bien décidés à profiter eux aussi de ce lieu féérique, plein de sensations fortes et de sucreries à déguster ! "La nuit de la fête foraine" est un album qui donne à voir avec délice, un univers magique, une bulle ou le temps n’est dédié qu’à l’amusement. Sans texte, l’illustration de Mariachiara Di Giorgio réussit à parler à tous nos sens : on entend la musique des manèges se mélanger les unes aux autres, on sent le goût de la barbe à papa fondre dans la bouche. On se plonge sans retenue dans ce monde sucré et doux, aux lumières étincelantes et aux couleurs éclatantes. Les ours, sangliers, biches et autres loups sont représentés avec décalage et beaucoup d’humour dans des attractions peu adaptées à leurs morphologie, mais peu leur importe. Leurs regards sont si expressifs qu’on retrouve le plaisir d’être là et la joie dans leurs yeux. Un coup de nostalgie assuré pour les grands enfants que sont les adultes et d’émerveillement pour les plus jeunes qui assurément, auront hâte de retrouver leur fête foraine dès que celles-ci rouvriront leurs portes.
Dans ce récit autobiographique, Aimée De Jongh nous raconte quatre histoires, quatre rencontres ayant pour point commun un chauffeur de taxi. Assise à l’arrière d’une voiture, elle nous fait parcourir le monde, de Paris à Los Angeles en passant par Washington ou encore Jakarta. Chacun de ces hommes délivre son histoire, tant bien que mal, à l’autrice pleine de vie et de gaieté. Des moments d’intimité rares ou se crée, au fil des conversations, un lien unique de confiance mutuelle.
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« Taxi ! » est un récit court, un huit clos empli d’humanité qui fait du bien ! - Michaël
Elan et sa famille habitent une maison dans la forêt. Tous les soirs après le repas, Elan leur raconte une histoire. Un jour, il se trouve à court d’idée. « Et si tu nous lisais un livre ? » propose sa femme. Mais Elan n’a pas de livre ! Ni Ourse, sa voisine, ni Blairelle, ni Renard, ni aucun·e autre animal·e de la forêt. Elan se rend à la bibliothèque municipale et revient avec une belle pile de livres. Tous les animaux de la forêt viennent écouter les histoires d’Elan, mais bientôt sa maison est trop petite. Alors, une idée germe dans sa tête…
« Le bibliobus » est un album très mignon qui célèbre le plaisir de lire. Nous faisons un petit bon dans le passé à travers l’illustration vintage, des animaux anthropomorphes, tous ces éléments qui nous rappellent telle une madeleine de Proust, les albums de notre enfance.
Inga Moore nous rappelle à quel point la lecture est un loisir agréable, à consommer sans modération. Le récit porte des belles valeurs comme l’entraide, la solidarité, l’amitié. Certain·es trouveront peut-être l’histoire un peu mièvre, mais je dirais plutôt qu’elle offre une petite pause pleine de douceur, tel un bonbon réconfortant et apaisant.
Le bibliobus est un bel hommage aux bibliothèques et aux bibliothécaires : il était difficile pour moi de passer à côté !
Julian voyage dans le métro avec sa Mamita quand soudain il voit passer trois magnifiques femmes habillées en sirène. Admiratif, il rêve alors lui aussi d’en devenir une. Arrivé chez sa Mamita, il entreprend de se confectionner un magnifique costume avec les rideaux et plantes d’intérieur, et Mamita le surprends ! Que va-t-elle penser de lui ? Elle pense qu’il est temps de l’amener à la grande parade des sirènes. Jessica Love nous offre un magnifique récit ancré dans la modernité et dans les questionnements actuels de la société. Julian, un petit garçon, qui rêve de s’habiller en sirène ? et pas d’adultes pour lui dire qu’il n’a pas le droit de le faire ? cela fait du bien ! Le message d’amour et de tolérance de la Mamita pour son petit-fils est touchant de tendresse. Les illustrations prennent vie sous nos yeux. Les postures et gestes des personnages sont magnifiquement illustrées et la vie d’un quartier afro-américain mis en scène avec humour, fourmillant de petits détails. Entre ces scènes de la vie quotidienne se glissent des pages plus oniriques, ou Julian donne libre cours à son imagination du monde aquatique. Cet album est un régal tant dans la justesse du récit que dans le thème abordé ; les illustrations elles, nous vont droit au cœur. Il est assurément, l’un de mes plus grands coups de cœur de cette année 2020.
Quelque part en Afrique, dans un petit village, un enfant est enlevé par un démon : un Yéban. L’enfant doit l’aider à retrouver son chemin jusqu’à son chez lui : les enfers. Cependant ce voyage ne se fera pas sans difficultés ni sacrifices… Le pauvre Kana l’apprendra à ses dépens…
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Aurélien Ducoudray nous propose un récit inspiré de différentes légendes et traditions africaines. Ce subtil mélange est aussi surprenant que captivant. Nous suivons ce voyage, cette quête initiatique, sans ennui, tout en développant une certaine affection pour ce duo improbable. Nous effleurons certes la culture africaine, mais c’est déjà un premier pas vers des recherches plus approfondies sur les mythes racontés. Au-delà de cet aspect mystique, « Le repas des hyènes » est également un récit de type « quête initiatique » et chacun·e en tirera - ou pas - sa propre relecture.
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Les illustrations de Mélanie Allag portent parfaitement ce conte. Par ses planches, tantôt sombres, tantôt colorées, elle nous invite dans ce mystérieux continent à la richesse culturelle encore bien méconnue.
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« Le repas des hyènes » est une plongée en terre inconnue, un voyage vers des contrées lointaines ouvrant sur des univers insoupçonnés, à découvrir !
Tiens ! Voici un gnome. Comme il a l’air gentil et tout mignon avec son petit bonnet rouge… Ah bah non, pas du tout. Monsieur le Gnome est quelqu’un de très ronchon, voire même de très antipathique ! A être aussi désagréable, des ennuis pourraient bien lui arriver… « Monsieur le Gnome » est un album rigolo dans son récit, mais aussi par ses illustrations. En effet, l’artiste britannique Fred Blunt possède un style graphique unique, oscillant entre le genre « toons » et le « maître » Quentin Blake. Chaque page de l’album génère un sourire par les mimiques des personnages, mais aussi par une mise en scène efficace. Au premier abord, avec un regard non averti, on pourrait penser que le dessin est simple, mais il n’en est rien. Ici, l’artiste a cherché, recherché la juste expression avec un minimum de traits. Les couleurs sont également choisies avec réflexion, elles accompagnent, sans le noyer, l’effet caustique du crayonné. L’ajout de matière, peu, mais juste assez, parachève chaque planche. L’histoire appartient au registre de la comédie. Son écriture, rythmée et théâtralisée, permet de jouer, de donner vie à l’album. Aussi ce livre permet un beau moment de rigolade entre enfants et parents. Et pour finir, dans les dernières pages, nous apprenons un terrible secret, moins drôle, mais que la morale nous empêche de dévoiler… « Monsieur le Gnome » est un album sans prétention, dont la seule ambition est de vous divertir et c'est chose réussie ! - Michaël
Daikichi, veuf de 75 ans, vit avec son chat Tama sur l’île japonaise d’Aoshima, appelée également « l’île aux chats ». Tous deux ont leurs habitudes, ils se connaissent bien après 10 ans de vie commune. Pourtant, parfois, ils arrivent à se surprendre l’un l’autre au gré de leurs pérégrinations et des aléas de la vie. « Le vieil homme et son chat » est un manga atypique, écrit et dessiné par un duo d’auteurs dont l’unique pseudonyme est « Nekomaki ». La fine équipe nous propose un récit d’une grande finesse et d’une grande sensiblerie. La relation entre Daikichi et Tama est un pur régal, nous passons aisément, selon les situations offertes par les protagonistes, de scènes de liesse à des instants plus intimes, plus mélancoliques. Cette relation homme/animal est touchante et juste, une complicité qui fait mouche à chaque page. L’illustration est également un des points forts de l’oeuvre puisqu’avec peu de traits, elle donne vie aux personnages en leur apportant juste ce qu’il faut de mimiques pour nous émouvoir. Les couleurs, posées façon aquarelle, ont des tons doux et apaisants. Au-delà de l’œuvre, nous apprenons l’existence de cette île japonaise qui, après la Seconde Guerre mondiale, s’est dépeuplée, laissant place aux chats, devenus pour la plupart sauvages, et à de rares retraités, tous vivant en parfaite symbiose et harmonie. Ce manga, destiné aussi bien aux enfants qu’aux adultes, est à conseiller même aux personnes réfractaires à la bande dessinée japonaise car d’une grande lisibilité. Alors CHATpeau Nekomaki. - Michaël
Lucia, Hortense, Max, Arsène et Joséphine viennent de recevoir une mystérieuse lettre de l’office de tourisme de Californie, les invitant à participer à une chasse au trésor. Ces cinq inconnu·es, venant d’univers différents, semblent cependant avoir un point commun, être à un tournant de leur vie.
Jim, un comédien en difficulté, a été sélectionné pour jouer le rôle du meneur de jeu.
Au cours de ce road-trip haletant, Les participant·es vont relever tous les défis, afin de trouver les indices menant au "Graal".
Des affinités se créent dans le groupe, mais très vite l'ambiance va se troubler, laissant place aux doutes et suspicions. Les masques tombent, révélant au fil des pages les secrets et failles de chacun·e.
Julien Sandrel nous entraîne dans une histoire pleine de rebondissements, explorant les relations humaines avec intensité.
Un roman tendre et touchant.
Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont eu lieu et les autorités sont passées à une transition écologique radicale. A travers la vie de Lisa, on découvre la vie quotidienne régie par les nouvelles technologies : drônes absolument partout qui contrôlent les moindres faits et gestes. En parallèle, le journal intime de la mère qui ne s’est jamais remise d’un amour perdu d’adolescence .Lisa cherche ce qui se cache derrière la mélancolie de sa mère qui n’a jamais su l’aimer. Ce roman d’anticipation dénonce les systèmes totalitaires et les états policiers. Ce n’est pas sans rappeler le Big brother de 1984 mais quand le roman d’Orwell est paru en 1949 c’était de la science-fiction alors qu’à la lecture de La mer monte, au ton, malgré tout humoristique, on prend conscience qu’on est déjà propulsé dans ce monde connecté
A lire absolument - Catherine





