Conseils lecture
Dans un monde où les humains semblent ne plus exister et où les villes sont habitées par des robots mélancoliques, incarnez un chat errant et parcourez une immense cité pour résoudre le mystère qui l'entoure. Vous pourrez dormir dans des cartons, faire tomber des objets des tables, fouiller dans des sacs, faire vos griffes partout… Mais attention à ne pas vous laisser distraire ! Les androïdes ont besoin de vous pour quitter leur sombre cité.
Développé par BlueTwelve Studio, Stray est un excellent jeu indépendant à l'ambiance très particulière. Porté par une très belle bande originale et des décors magnifiques, le jeu vous laisse le loisir d'explorer la ville dans ses moindres recoins afin de trouver ce qui est arrivé aux humains… et surtout, comment quitter cette prison qui sert de ville aux robots.
Vous cherchez un jeu original à jouer en couple, entre amis ou en famille ?
"It Takes Two" a reçu le Game Award du meilleur jeu de l’année 2021.
May et Cody sont un couple, mais un couple qui se brise de plus en plus. Leur divorce se rapproche à grand pas, et leur fille, Rose tente d’arranger la situation. Dans son imaginaire, elle va créer le Docteur Hakim, un livre proposant une thérapie de couple à May et Cody qui se retrouvent… transformés en petites poupées. A travers toutes les pièces de la maison familiale, May et Cody vont devoir coopérer et retrouver ce pourquoi ils étaient faits pour être ensemble
Chaque chapitre est unique et nous plonge dans un univers différent, riche en détails insolites et petites activités.
"It Takes Two" tente de nous parler d’amour au quotidien et de comment l’étincelle doit être préservée tout au long d’une vie pour que tout se passe aussi bien que possible.
Le discours de fond de ce jeu est profond, mais l’ambiance y est légère et drôle.
Ce jeu est empruntable à l’Espace COOLturel, pour des heures de découvertes et d’amusement en perspective !
Kaoru Fukazawa est mangaka. Il vient de terminer sa série à succès « Sayonara sunset ». Quinze tomes publiés à un rythme effréné qui l’a épuisé. Malgré les félicitations sur son travail, on lui demande déjà de penser à son prochain titre. Pourtant, ces années à vivre de son rêve ont laissé en lui un goût amer et petit à petit ont aspiré son inspiration. Le temps de la remise en cause est arrivé. Que veut-il vraiment ? Quelle vie doit-il choisir ? A lui de le découvrir… En quelques pages, Inio Asano, nous livre un récit poignant, un récit subtil sur la psychologie humaine. Il se questionne sur le bien-être, sur le bonheur et où le trouver. Il recherche l’épanouissement personnel à travers la vie professionnelle et/ou personnelle. Il interroge également sur les personnes qui vivent leur rêve à fond et délaissent par conséquent leur entourage. Enfin il parle de création, d’inspiration et des leviers pour la raviver. Attention, pas de prise de tête dans ce récit. Non, nous suivons les états d’âmes de Kaoru Fukazawa avec passion, nous nous invitons dans ses pensées, partageons parfois les mêmes car son histoire est universelle et nous touche tous. C’est brillant de justesse, le récit vous trottera dans la tête un petit moment, mais n’est-ce pas l’apanage des meilleurs œuvres littéraires ? L’illustration est également un pur plaisir, notre héros transpire la mélancolie. Chaque personnage, chaque attitude est parfaitement réalisé et renforce le récit. Les illustrations sont en noir en blanc, mais à la différence de nombreux titres japonais, rehaussées de lavis très réussis qui donnent de l’épaisseur aux crayonnés. Un des plus beaux titres de cette année pour un seinen (bande dessinée japonaise pour adulte) complet en un volume. - Michaël
Dans quartier ordinaire, on trouve une rue ordinaire, et dans cette rue ordinaire, des maisons les unes à côté des autres. Et dans chaque maison, il y a des habitants qui ne se connaissent pas. Au n°15, il y a Camille, chez qui il y a un boucan d’enfer, qui n’ose pas parler à M.Rivières, grand avocat prestigieux ; de l’autre côté il y a un énorme dragon, qui en réalité est une souris qui se déguise, effrayée par le voisin d’en face, un chat (végan). Mais un beau jour, une suite d’événements vont faire se rencontrer tous ces voisins remplis de craintes et de préjugés les uns sur les autres…
Merci voisin est un album dans l’aire du temps. Aujourd’hui, chacun d’entre nous vit sa petite vie, dans son petit chez soi, sans prendre le temps d’aller vers ceux que nous côtoyons au quotidien. Nous préférons nous juger les uns les autres plutôt que de tisser des liens.
Dans cette rue, chacun est un peu solitaire et malheureux dans son coin ; la méfiance que ressentent ces voisins les uns vis-à-vis des autres les isolent. Le jour où enfin, ils osent faire un pas vers l’autre, ils se rendent alors compte qu’ils peuvent être heureux tous ensemble.
Les illustrations, sans être très originales, sont accessibles et les personnages animaux plutôt attachants.
Cet album sympathique véhicule de belles valeurs sur l’entraide, la découverte des autres, les rencontres.
Kenji est un jeune moine appartenant au temple du Souffle Sacré. Son temps, il le passe à s'entraîner aux arts martiaux et à méditer. Mais cette vie monacale ne lui convient pas. Il rêve d'aventures et de combats. Il veut devenir un valeureux ninja. Maître Yapluka, lui, ne veut rien entendre, et fait tout son possible pour garder son disciple dans le droit chemin. Pourtant, des évènements tragiques vont obliger le vieil homme à lui apprendre les rudiments de cet art et à lui révéler de terribles secrets... Un récit énergique, appuyé par un dessin rond et des couleurs éclatantes, qui ravira les enfants comme les adultes. Une belle leçon sur les rêves et les moyens de les réaliser. - Michaël
Après Plein Soleil, Pleine Lune, et Pleine Neige, Antoine Guillopé nous transporte au sein d’une île abritant des magnifiques trésors naturels… enfouis sous l’eau, dans les profondeurs des fonds marins. Jade est une plongeuse exceptionnelle, une aventurière de l’océan, une chercheuse de trésors que rien n’arrête. Antoine Guillopé nous offre donc une descente en apnée dans les fonds marins si beaux et si fragiles, remplis de coraux éblouissants et de poissons aux mille couleurs. Tout comme Jade, cet album nous coupe le souffle tant il est extraordinairement beau et délicat. Nous le savons depuis quelques albums maintenant, L’auteur maîtrise l’art de la découpe à la perfection, si finement qu’il fait de ses pages de la dentelle. Ces découpes sont loin d’être uniquement esthétiques car elles appuient le propos du texte et l’illustration qui nous transporte dans un univers presque féérique mais finalement plutôt méconnu : le lecteur se cache dans la forêt de plancton, se surprend à nager avec les raies manta, si légères et aériennes… Nous pourrions nous lasser de ce système maintenant bien connu mais par l’utilisation de couleurs vives, voir flashy, Antoine Guillopé prend le contrepied de ce qu’il a pu proposer dans ses autres albums, c’est-à-dire le jeu du noir et blanc, du clair-obscur, de l’ombre et lumière qui lui réussit si bien. L’utilisation de la couleur fluo, comme ce rose des palmes de Jade, peut nous surprendre au départ mais finalement tisse un fil rouge (ou rose, devrais-je dire) au fil de l’exploration de Jade comme un fil d’Ariane pour ne pas la perdre. Un album à déguster en famille, attention toutefois à ne pas le laisser seul entre des petites mains parfois trop enthousiastes… un accident est vite arrivé ! Comme le dit si bien notre artiste lui-même, que le spectacle commence !
Lorsqu’une petite fille est enlevée par des extraterrestres et emmenée dans les profondeurs du cosmos, seul un être aux pouvoirs exceptionnels peut la sauver : Superman. Nul doute qu’il en est capable, mais cette mission l’oblige à quitter la Terre pour un temps, alors qui défendra la planète bleue en son absence ? Peut-il se permettre ce sauvetage au risque de ne pas pouvoir venir en aide à d’autres personnes dans le besoin ? Une vie vaut-elle plus qu’une autre ? Superman devra faire un choix douloureux quitte à en perdre la raison...
Pas besoin de connaître la mythologie de « L’homme d’acier » pour pénétrer et apprécier cette œuvre différente des publications plus classiques de super-héros. L’action, bien sûr présente, laisse une part importante à la réflexion et cela dans les six chapitres qui composent ce comics. Superman sera confronté à différentes épreuves, mais aussi à des rencontres qui d’une certaine manière le feront progresser sur la voie de la sagesse. Si l’héroïsme est une des pierres angulaires de ce titre, d’autres valeurs sont mises en avant et éprouvées, comme l’amitié, le courage, la loyauté, le dépassement de soi, la persévérance et l’humilité. Pas de prise de tête pour autant, car le récit est rythmé et le suspense présent jusqu’à la fin. Les illustrations sont de facture assez classique, mais soignées et dynamiques.
« Superman : up in the sky » possède de nombreuses qualités pour plaire à un public varié, en quête d’action et/ou de réflexion, qu’il soit habitué ou non aux univers de super-héros. - Michaël
Tiens ! Voici un gnome. Comme il a l’air gentil et tout mignon avec son petit bonnet rouge… Ah bah non, pas du tout. Monsieur le Gnome est quelqu’un de très ronchon, voire même de très antipathique ! A être aussi désagréable, des ennuis pourraient bien lui arriver… « Monsieur le Gnome » est un album rigolo dans son récit, mais aussi par ses illustrations. En effet, l’artiste britannique Fred Blunt possède un style graphique unique, oscillant entre le genre « toons » et le « maître » Quentin Blake. Chaque page de l’album génère un sourire par les mimiques des personnages, mais aussi par une mise en scène efficace. Au premier abord, avec un regard non averti, on pourrait penser que le dessin est simple, mais il n’en est rien. Ici, l’artiste a cherché, recherché la juste expression avec un minimum de traits. Les couleurs sont également choisies avec réflexion, elles accompagnent, sans le noyer, l’effet caustique du crayonné. L’ajout de matière, peu, mais juste assez, parachève chaque planche. L’histoire appartient au registre de la comédie. Son écriture, rythmée et théâtralisée, permet de jouer, de donner vie à l’album. Aussi ce livre permet un beau moment de rigolade entre enfants et parents. Et pour finir, dans les dernières pages, nous apprenons un terrible secret, moins drôle, mais que la morale nous empêche de dévoiler… « Monsieur le Gnome » est un album sans prétention, dont la seule ambition est de vous divertir et c'est chose réussie ! - Michaël
Une jolie petite princesse, tout de rose vêtue, à côté de son élégant carrosse assorti à sa tenue, est en pleine réflexion : « il est joli, mais… ».
Notre héroïne y apporterait bien quelques modifications. Un changement de couleur, du bleu par exemple, des roues plus adaptées aux chemins boueux… La fillette prend ses outils et n’hésite pas à se lancer elle-même dans les travaux. Au fil des pages nous assistons à la transformation du véhicule en un engin volant tout terrain.
Les illustrations sont drôles et bien détaillées, le texte simple convient parfaitement à la compréhension des tout·es petit·es.
Séverine Huguet nous offre un album qui balaye les stéréotypes de genre.
Qui a dit que les princesses ne savent pas bricoler ?
Dans la même collection et le même esprit vous aimerez aussi « Ma poupée » de Annelise Heurtier.
Suite au suicide de sa meilleure amie, Emmylou, une lycéenne, décide de quitter sa Bretagne natale pour partir en Angleterre en tant que fille au pair. Ce départ lui permet de faire face à son deuil, de prendre du recul par rapport à sa famille et à sa condition sociale modeste. À Londres, elle espère perfectionner son anglais et se plonger intensément dans les révisions pour le concours d’entrée à une école de journalisme. Hélas, tout ne sera pas aussi idyllique que ce que les apparences laissaient présager.
Sidonie Bonnec, pour son premier roman, s’inspire de sa propre histoire pour nous plonger dans un thriller psychologique oppressant. On suit le quotidien d’Emmylou dans sa nouvelle vie au sein d’une famille particulièrement troublante. Un huis clos coupé du monde, où chaque jour révèle des événements de plus en plus étranges. Comme l’héroïne, le lecteur brûle de découvrir ce qui se cache derrière les faux-semblants.
La psychologie du personnage principal est minutieusement explorée : on ressent ses émotions, ses joies, ses peurs, ses angoisses et ses douleurs. L’ambiance étouffante et inquiétante s’installe progressivement et grimpe crescendo jusqu’à un final parfaitement maîtrisé. La plume de l’autrice est fluide et percutante.
Une lecture qui oscille entre émotion et mystères glaçants, que l’on dévore d’une traite.
Dans un monde peuplé de créatures de toutes sortes, il existe un marteau magique qui apparaît de temps en temps et celui ou celle qui arrive à le brandir fera un voyage qui changera à jamais le cours de sa vie. Nombreu·ses sont celles et ceux qui s’y sont essayé·es, malheureusement il y a peu d’élu·es et pour la personne choisie, une quête mystérieuse à laquelle elle ne peut échapper commence dès lors. Melina, petite fille d’à peine une dizaine d’années, en est aujourd’hui la détentrice. Malgré son jeune âge, elle doit quitter sa famille pour vivre son aventure, il ne peut en être autrement… « Hammerdam » est un énième récit fantastique pour la jeunesse, mais avec un je ne sais quoi en plus, le petit truc qui le place au dessus de tous. Le récit principal est somme toute classique et c’est grâce à l’apport des histoires parallèles des seconds couteaux que ce titre prend tout son relief. Elles et ils sont d’une richesse et d’une originalité folle, aux caractéristiques étonnantes. Cet ensemble éclectique forme une bande détonnante qui fonctionne à merveille. Le personnage principal semble pour le moment bien calme, voir terne, mais on y décèle tout de même une force interne qui pourrait bien se faire jour dans le prochain tome. On ne sait rien du voyage à venir, mais ce n’est pas grave tant ce premier volume est complet, riche de trouvailles fort amusantes. Les illustrations d’Enrique Fernández sont également épatantes. Case après case, il crée un univers aux teintes feutrées, tantôt épuré, tantôt fourmillant de milles détails. Maintenant, hélas, il nous faut attendre le tome deux, mais rassurez-vous nous ne l’oublierons pas. - Michaël
Ours est vraiment très fatigué, il ne tient plus debout. C’est donc le moment pour lui d’aller se coucher et enfin se reposer. Enfin, pas vraiment, son voisin Canard, charmant au demeurant, est quelque peu bruyant, mais surtout incroyablement envahissant…
« Dis Ours, tu dors ? » est un album au ton humoristique et léger. L’auteur construit sa comédie autour d’une seule situation, mais agrémentée, page après page, de surprises, de répétitions et de beaucoup de folie. Il utilise simplement deux protagonistes, Ours et Canard, chacun dans un style différent, voire opposé et donc fonctionnant sur le modèle des spectacles de clowns : l'un est l'auguste (fruste, outrancier et désordonné), l'autre le clown blanc (sérieux, intelligent et rationnel). Les illustrations de Benji Davies jouent également un rôle important dans cette comédie. Son trait épuré montre l’essentiel, il ne s’encombre pas de décors, utilise certes un peu de texture, mais pas trop. L’important est de se focaliser sur les personnages, leurs faciès et autres postures sont irrésistibles !
« Dis Ours, tu dors ? » fait partie de la série « Dis Ours », dont chaque album procure un agréable moment de lecture et rend indéniablement accro à nos deux énergumènes.