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Conseils lecture

En ce mois des Fiertés, l’Espace COOLturel vous propose de découvrir le nouveau label « Pride First » des éditions First.

Une série documentaire queer, composée actuellement de cinq livres, minuscules par la taille, mais dont la portée est immense…
Vous pourrez y découvrir, entre autres, les figures importantes de l’histoire LGBTQIA+, mais aussi un guide essentiel pour accompagner au mieux son coming out.
Les questions de genre et de transidentité y sont abordées de façon claire et limpide.
Le label « Pride First » s’engage à donner une visibilité accrue à la communauté LGBTQIA+ en publiant des ouvrages essentiels et inspirants.

Nous suivrons avec intérêt leurs publications, afin de continuer à lutter contre les discriminations et les préjugés.
 

La Meute nous entraîne au plus près des loups, loin des monstres des contes et des peurs absurdes qu’on leur colle depuis des siècles. À travers le parcours d’un jeune loup qui grandit, apprend à chasser, à survivre et à trouver sa place dans une meute, l’album dévoile le fonctionnement réel de cet animal aussi discret qu’intelligent.

Au fil des pages, on découvre une organisation familiale complexe, des liens forts entre les individus et un équilibre fragile avec la nature. Mais l’ouvrage montre aussi combien l’homme a façonné une image déformée du loup, nourrie par les croyances, les récits populaires et la peur de ce qui échappe à son contrôle.

Avec un dessin immersif et une approche accessible, cette BD documentaire réussit autant à transmettre des connaissances qu’à questionner notre regard sur le sauvage. Une lecture captivante qui rappelle finalement que le loup est souvent bien moins dangereux que ceux qui, fusil à la main, cherchent encore à le faire disparaître.

Umberto Eco, célèbre romancier Italien, a grandi dans l’Italie de Mussolini.

De cette enfance, il garde une peur, un dégoût profond pour le fascisme. Alors, devant nos sociétés qui se délitent et semblent oublier les maux du passé, il rappelle par ce texte court ce qu’est le fascisme. Il propose une analyse de ses mécanismes et y décrit les signes récurrents de ces idéologies : culte du chef, rejet de la différence, peur de la modernité, nationalisme, obsession du complot.

Un texte important et alarmant sur les dangers d’un fascisme qui, aujourd’hui, avance masqué, ne dit pas son nom, mais que l’on doit apprendre à déceler.

Carl est un androïde. Comme tous les robots, sa mission est simple : servir et protéger son maître.
Mais un jour, en l’emmenant au travail, Carl provoque un accident. Son maître meurt. Une enquête est alors ouverte : Carl est-il responsable ? Pourquoi a-t-il semblé préférer la vie d’une biche à celle de son propriétaire ? A-t-il développé une conscience, ou n’est-il qu’une machine défectueuse ?

Avec Carl, Cyril Bonin propose une relecture sensible et mélancolique du mythe du robot qui s’éveille, ou non, à la conscience. Dans un récit complet en un volume, porté par des illustrations magnifiques et des couleurs douces, il nous invite à nous interroger sur la vie, son origine et son mystère.
Après tout, si nous ne savons pas vraiment comment naît la conscience, pourquoi ne pourrait-elle pas apparaître ailleurs ? Dans un robot, une machine, ou une matière que l’on croit inerte ?

Un récit passionnant, beau et troublant.

Anne est biologiste, mariée et mère de famille. Une vie tranquille, simple, qui la satisfait pleinement… jusqu’à ce que son aînée, Lucie, lui annonce qu’elle est suivie par une psychologue du planning familial pour échanger sur les questions de genre. Un choc pour Anne, qui n’a rien vu venir.

Sous la plume d’Elodie Durand, nous découvrons d’abord le parcours de transition de genre de Lucie/Alex. Le chemin complexe, éminemment intime mais aussi solitaire, d’une personne dont on ne peut qu’admirer la ténacité face à une mère certes aimante, mais aussi complètement dépassée et parfois blessante. Car c’est aussi une histoire aux émotions très vives qui nous est rapportée ici : le point de vue principal adopté, celui d’Anne, la maman, est touchant par sa sincérité. Car bien qu’anonymisée (les prénoms ayant été changés), cette histoire est authentique. On lit par exemple une lettre écrite par Alex. Quant aux pages jaunes enchâssées dans cette histoire familiale, elles apportent des informations utiles pour comprendre la notion de genre. Il faut enfin évoquer l’esthétisme de cette bande dessinée : Élodie Durand, jouant sur la couleur et la composition des pages, rehausse ainsi les émotions des personnages et embellit l’histoire de notes poétiques.


Une bande dessinée hybride, entre fiction, récit de vie et documentaire, à la fois pédagogique et très émouvante.

Certains livres ont pris un méchant coup de vieux. Et je ne parle pas ici du papier jauni ni des couvertures écornées, mais bien de leur contenu.

Des classiques d’hier apparaissent aujourd’hui comme racistes, antisémites, sexistes, colonialistes ou porteurs d’autres formes de domination.
La question est donc de savoir s’il faut les censurer ou non. Doit-on les récrire ? Les réécrire ? Que faut-il faire exactement ?

Certains éditeurs semblent déjà avoir trouvé la réponse, motivés davantage par le gain que par de quelconques valeurs éthiques : la réécriture. Ils étaient dix à la place de Dix petits nègres, par exemple. Mais est-ce vraiment la bonne solution ?

L’essai de Laure Murat apporte des réponses claires et détaillées, mais il ne se contente pas de trancher la question. Il aide à mieux comprendre dans quels contextes ces œuvres ont été écrites, publiées et reçues, tout en poussant le lecteur à ne pas les regarder de manière naïve.

Il invite à examiner ces textes avec recul, mais aussi à interroger la position, les idées et les contradictions de leurs auteur·rices.
 

« Matin brun » est une courte nouvelle de 11 pages, écrite par Franck Pavloff à la fin des années 1990. Elle met en scène deux hommes ordinaires qui acceptent peu à peu les règles absurdes d’un « État brun », jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Au début, le pouvoir impose des mesures qui paraissent presque anodines, comme l’interdiction des chats et des chiens non bruns. Les personnages se soumettent, minimisent, s’adaptent. Cependant, ces renoncements successifs ouvrent la voie à une oppression de plus en plus grave, jusqu’à viser les personnes elles-mêmes.

Ce texte, court, simple et très marquant, est une mise en garde contre la montée du fascisme, le racisme ordinaire et la pensée unique. Il est devenu un classique qu’il est bon de remettre au-devant de la scène, tant nos sociétés semblent avoir oublié les leçons de l’histoire.

Il faut une force énorme pour revenir sur ce qu’on a vécu et l’écrire, simplement, noir sur blanc. Le courage de Gisèle Pelicot, c’est d’avoir parlé quand tout pousse à se taire : la peur, la fatigue, la honte qu’on essaie de te coller dessus. Son livre, c’est une façon de reprendre sa vie en main et de mettre de la lumière là où certains comptent sur l’ombre.

En prenant la parole, elle récupère ce qu’on a voulu lui voler : sa voix, sa place, sa dignité. Ce texte n’est pas une plainte : c’est quelqu’un qui se tient debout. Et, sans faire de bruit pour rien, elle montre aussi aux autres victimes qu’elles ne sont pas seules, la honte, maintenant et pour toujours, change de camp.

Cette bande dessinée documentaire, adaptée du livre éponyme, raconte le récit vrai de l’incroyable sauvetage d’enfants juifs du camp de transit de Vénissieux, en 1942.
Comment des femmes et des hommes, d’obédiences différentes, politiques et/ou religieuses, se sont associés et ont réussi l’impensable : sauver des enfants de la folie Nazie.

D’une intensité rare, cette bande dessinée s’adresse à tous les publics, enfants comme adultes. Elle met en avant ces Justes qui ont fait front commun face à l’obscurantisme et prouve que le courage collectif peut faire reculer la barbarie.

La mise en scène limpide et les dessins très expressifs, aux couleurs mates d’Olivier Balez, soutiennent la tension du récit jusqu’à la dernière page.

Vous n’aurez pas les enfants » est à lire et à partager, pour ne pas oublier…

Germain est banquier, mais ça ne le passionne pas vraiment, voire pas du tout. Il est marié, mais son idylle d’antan a depuis longtemps perdu toute magie. Il est père aussi, mais son fils adolescent l’ignore totalement. Résigné à cette vie quelconque, d’un ennui maladif, il ne doit son salut qu’à la rencontre fortuite avec une paire de tongs…

Avec ce roman, David Berry nous raconte, avec beaucoup d’humour, la vie d’un homme qui, du jour au lendemain, prend la décision drastique de ne plus porter que des tongs. Acte, en soi, anodin, mais qui, dans notre société aseptisée, formatée, est un véritable acte de rébellion. Ces tongs, symbole de liberté, sont le point de départ d’un renouveau ; elles vont lui permettre de reprendre le contrôle de sa vie, de bousculer ses habitudes et, surtout, de se réinventer.

« Tongs » est donc un roman sur le courage et la résilience. On suit Germain dans ses pérégrinations avec bonheur, tant le style de David Berry est fluide et agréable. Il parsème son récit de touches d’humour, tantôt corrosives, tantôt attendrissantes, mais tellement réalistes que l’on s’y croirait. À bien y réfléchir, c’est peut-être cela qui fait de cette œuvre un véritable coup de cœur : son authenticité.