Conseils lecture
Airnadette, est un groupe réputé d’air musique et de playback qui déchaîne les foules durant les concerts, en France, en Europe et également aux Etats-Unis. A travers cette comédie musicale, Airnadette a décidé d’initier les enfants aux plaisirs de la scène. C’est ainsi qu’est né « Du rock dans ton salon », l’histoire romancée de la formation du groupe composé de Scotch Brit, Château Brutal, Moche Pitt, Gunther Love, Jean-Françoise et M’Rodz.
Tu adores la musique, chanter, tu rêves de monter un spectacle avec tes ami·es, alors n’hésite plus ce livre est pour toi. Pas besoin de talents particuliers, tout est parfaitement expliqué pour vivre une expérience délirante et pleine d’humour. Quelques accessoires suffiront pour entrer dans la peau d’un·e musicien·e de rock.
Les dialogues sont pointus et rigolos et retranscrits avec des indications de mises en scène dans des fiches de répétition. Le cd du show est intégralement joué et chanté par le groupe Airnadette en personne. Un code permet aussi de télécharger une version mp3 sur le site de l’éditeur, où l’on trouve pleins de bonus et tutos pour apprendre les chorégraphies.
Découpé en huit scènes, le livre-spectacle est rempli de blagues pour faire rire les petit·es, et de références rock qui raviront les plus grand·es.
Depuis toujours les chat·tes fascinent, félins sauvages, indépendant·es mais également câlin·es et tendres à leurs heures. Avec ce très bel album on découvre ou redécouvre 11 poèmes ou extraits de la littérature, passant par Baudelaire, La Fontaine ou bien encore Lewis Caroll. Les textes sont aussi variés que leurs auteurs. Face à ces écrits onze illustrateur·rices contemporain·es proposent dans leurs différents styles un portrait se mariant avec l’écrit.
Cette magnifique galerie d’images et de mots ravira bien sûr les amoureux·ses des matous et charmera aussi sans nul doute les autres.
« Petits portraits de chats » est un ouvrage inclassable. C’est à la fois un album, sans histoire, que l’on peut lire au gré de ses envies et au hasard des pages, un livre d’art que l’on regarde pour ses magnifiques illustrations, ou bien encore un recueil de poèmes.
J’ai beaucoup aimé la multiplicité des styles de ce livre, qui met à l’honneur avec malice et modernité, la poésie, genre souvent oublié.
Un très bon moment de lecture cocooning.
Cinq minutes, c'est long. Surtout quand il faut attendre pour entrer au parc d'attractions ou que maman ait fini à la poste. Mais cinq minutes c'est si vite passé, quand on patiente avec angoisse chez le dentiste ou quand on s'amuse bien ! A travers cet album rempli d'humour, les auteurs donnent à voir la relativité du temps qui passe, parfois très lentement, parfois trop rapidement. Cette expression qui revient comme une ritournelle au fil des pages, « dans 5 minutes » ou bien « juste 5 minutes », les adultes l'utilisent toute la journée, parfois sans même s'en apercevoir ! Les illustrations nous montrent des situations du quotidien dans lesquelles tous les enfants vont se reconnaître. Olivier Tallec fait naître dans les gestes et sur le visage de son petit héros toutes les émotions liées au temps : la frustration, l'ennui, ou encore l’excitation et le trépignement lors d'une attente insoutenable. On retrouve avec beaucoup de justesse et d'humour ces postures parfois étranges que prennent les enfants lorsqu'ils patientent. Le temps est avant tout une histoire de perception... et cet album nous le montre bien !
Faith est une jeune fille particulière qui partage son existence entre deux mondes. Un monde imaginaire peuplé d’amis animaux anthropomorphes où elle se sent heureuse et celui de la réalité, avec ses soucis familiaux et sa maladie qui l’isole de plus en plus. Chaque jour qui passe est une victoire sur la mort, mais la maladie progresse et les deux mondes en sont bouleversés, se chevauchant dangereusement... Les éditions Delcourt nous proposent un titre très étrange, voire déroutant par moment, mais si intrigant qu’il nous tient à la lecture jusqu’à la dernière page. Même une fois le livre refermé, la magie opère encore, questions et interprétations jaillissent. Chacun avec sa sensibilité, son histoire pourra entrevoir sa vérité, mais il s’agit bien avant tout d’un récit sur la perte d’innocence lorsque l’on entre dans l’âge adulte. « Dans la forêt des lilas » est un récit initiatique qui se situe à la frontière entre deux étapes de la vie. Il traite de la peur de perdre ceux qu’on aime, de l’apprentissage des limites et de la solitude. Les illustrations au style onirique sont magnifiques de délicatesse. Un roman graphique pour les plus de 12 ans, émouvant et saisissant. - Michaël
Lumières tamisées, ou lumières crues Anne-Fleur Multon pose un éclairage franc et sensible sur une histoire d’amour naissante ; un regard contemporain essentiel sur l’amour en général et celui entre deux femmes en particulier.
En ce début de printemps les rues de Paris sont exceptionnellement vides, ses habitant·es confiné·es ont du temps à ne plus savoir qu’en faire, lion·nes en cage entre quatre murs. L’héroïne arrache quelques heures à l’ennui en pianotant sur son smartphone. Un peu désinvolte, elle envoie un message à une personne qu’elle avait croisée en soirée avant tout ça. Quelqu’une qu’elle n’aurait pas forcément recontactée, emportée dans le tourbillon du quotidien pré-pandémie. Bientôt ces instants partagés à distance deviennent de plus en plus profonds, importants, indispensables.
Ce sont ces émotions si particulières qui nous submergent à l’aube d’une nouvelle passion, que décrit l’autrice avec beaucoup de justesse. La fusion des corps exacerbée par le désir et les petits riens du quotidien qui à chaque instant font qu’on a envie de crier « JE L’AIME » à la face du monde.
Le roman nous plonge au cœur de la vie amoureuse de ces deux femmes et plus que leur passion nous partageons leur condition d’homosexuelles, la discrimination, le regard des hommes dans la rue, et le désir d’être mère qu’on leur refuse. Un texte plein d’émotions qui invite la société à plus de tolérance et de respect, car bien sûr chacun·e est libre d’aimer qui elle/il souhaite.
Enfin la forme très moderne du récit, en totale adéquation avec le fond, ajoute encore à la qualité de ce roman.
Gabriel, homme au tempérament bien trempé, réussit à racheter le domaine forestier équatorial perdu il y a plusieurs générations par sa famille. Son but est de lui rendre son prestige d’antan et par-delà même, celui de son lignage. Dans son rêve, il va entraîner ses deux aînés qu’il connaît à peine, Mathilde et Simon. Il les arrache à leur mère, les sépare de plus de 5000 kilomètres pour leur faire découvrir un nouveau monde : l’Afrique. Cette nouvelle relation père/enfants, qui plus est dans un milieu inconnu, ne se fera certainement pas sans fracas, mais aveuglé par son égoïsme, Gabriel ne verra pas le drame qui se joue sous ses yeux. Après la lecture de cet album, récit complet en un volume, qui peut encore dire que la bande dessinée n’est pas de la littérature ? Pierre-Henry Gomont est un auteur qui manie la plume avec habileté et magnificence. En quelques lignes, il nous happe dans son univers. Son habileté à jouer avec les mots est l’un des points forts de l’artiste, mais son talent d’illustrateur n’est pas en deçà. Son trait est vivant et dynamique. Nous oscillons entre de pleines pages sauvages montrant la jungle équatoriale et des scènes plus intimistes entre les personnages où le style expressionniste de l’auteur fait mouche. Le récit est quant à lui certes passionnant, mais aussi émouvant. Véritable saga, nous assistons au lent, mais inévitable, éclatement de la structure familiale. Les relations entre les personnages sont fortes, on y ressent l’amour comme la haine, la peine comme la joie. Cela est dû au-delà de la qualité du dessin, à la justesse des caractères et de la psychologie des personnages. Une certaine forme de liberté se dégage de l’œuvre et au final, également beaucoup d’amour pour ce père par trop excessif... Lisez cette œuvre, découvrez cet auteur hors norme, vous ne pourrez que tomber sous son charme. - Michaël
Lui ne désirait être qu’un paisible berger, vivant en paix avec femme et enfants, mais en ces temps troubles et obscurs, même les rêves les plus simples peuvent devenir de vrais cauchemars. Aussi, les drames qui le toucheront, éveilleront en lui sa véritable nature et la face du monde pourrait bien en être changée à jamais... La bande dessinée, pour faire simple, est une succession d’images, organisée pour raconter une histoire. Stanislas Moussé applique donc à merveille cette définition puisque son récit d’aventures fantastiques n’est composé que d’une seule illustration par planche, le tout sans aucun dialogue et/ou parole. Cela fonctionne parfaitement puisque nous nous plongeons sans aucune difficulté dans ce monde étrange. Page après page, nous découvrons le destin de ce berger. Nous vibrons à ses aventures et mésaventures car oui, l’émotion est bien présente. Elle est diffusée par une narration maîtrisée, jouant sur des temps épiques, parfois contemplatifs et par moment de recueillement. Cette succession de scènes ne laisse aucun répit au lecteur et l’entraîne inexorablement vers la fin... du livre. Les illustrations, qui ont un rôle prépondérant, sont uniques, au style incomparable. En noir et blanc, les dessins fourmillent de détails, de hachures, mais sont d’une lisibilité surprenante. On n’ose imaginer le temps de travail sur chaque page. Le résultat est pourtant bien réel et surtout bluffant, je ne saurais que trop vous conseiller cet OVNI du neuvième Art. - Michaël
‘Le Journaliste et l’Assassin’ de Janet Malcolm est une plongée fascinante et troublante dans les méandres de l’éthique journalistique. Malcolm explore avec brio la complexe relation entre auteur et sujet, nous confrontant à la délicate frontière entre vérité et trahison.
Un récit captivant qui interroge notre perception de la non-fiction et du rôle de l’écrivain.
À lire absolument pour tous les passionnés de journalisme et de récits authentiques !
Vous pensez connaître l’histoire de Blanche-Neige ? Vous croyez que la princesse serait assez naïve pour croquer dans une pomme offerte par une sorcière ou que ce prince, assez louche, embrasserait, sans son consentement, une jeune fille endormie ? Et les prénoms des sept nains, vous croyez réellement qu’une mère appellerait son enfant Atchoum, Grincheux ou Simplet ? Ce roman va faire fondre vos certitudes !
Le début de ce conte est le même : un chasseur à bien été envoyé par la méchante belle-mère pour tuer Blanche-Neige et lui rapporter son cœur. Pour le reste, on vous a menti !
Dans la version de Côme D’Onnio, Blanche-Neige est une cheffe d’entreprise qui se bat pour de meilleures conditions de travail. Elle est végétarienne et laisse les nains s’occuper des tâches ménagères et de la cuisine. La belle-mère se retrouve cuisinière d’un « Déj-carriole » (l’ancêtre du food-truck), et espère bien réussir à empoisonner la princesse. Le prince charmant ? eh bien, il n’est finalement pas si important… Je ne vais pas vous en dévoiler plus : pour connaître toute la vérité, croquez vite dans ce livre à pleines dents !
C’est une lecture très drôle à l’humour décapant, avec une histoire originale et moderne qui aborde des thèmes importants comme l’écologie, le respect animal, les stéréotypes, le droit des femmes ou encore le monde social et économique. Les personnages revisités ont de la personnalité, de la persévérance et même la reine se révèle attachante.
En bonus, on trouve à la fin du roman les deux recettes inventées par la reine : « les croquettes de chou-fleur » et « le brownie au chocolat vegan rudement bon ». Miam !
FORTU nous a honoré de sa présence en mars 2016. Il nous a présenté Saudade en avant-première, lors d'une interview par Romain de La Mystérieuse Librairie Nantaise. Loin de son humour légendaire, il signe dans cet album des récits intimistes. Des tranches de vie qui nous plongent dans nos propres souvenirs. Et c'est bien cela, la force de cet album aux tonalités mélancoliques : nous faire revivre des moments de vie et faire resurgir des sentiments enfuis. Une oeuvre forte qui s'adresse à tous. - Michaël
« Le poids des héros » est un récit autobiographique dans lequel David Sala nous raconte son enfance dans les années 80, mais surtout sa réalisation de soi dans l’ombre des horribles récits racontés par ses grands-pères. Tous deux ont connu la dictature franquiste puis la Seconde guerre mondiale. Ils ont vécu et survécu à bien des cauchemars. Ils sont des survivants, mais pour les yeux d’un enfant, de véritables héros. Alors pour un jeune esprit, que penser de sa vie actuelle, si ce n’est qu’elle est bien facile, bien ordinaire comparée à celle de ces monstres sacrés. Ce trouble ne le quittera jamais, mais au lieu de l’enfermer, il puisera en lui pour créer, écrire, peindre une œuvre de mémoire, salutaire, afin de trouver au final sa place, son rôle : celui de conteur.
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Tendre et mélancolique, cette œuvre aux peintures magnifiques possède un vrai ton, différent, comme un appel, à ne pas oublier.
Godan Stankovic n’est pas un mauvais bougre, il souhaite travailler, se faire un peu d’argent pour aider la famille et surtout gâter sa petite fille chérie à la santé fragile. Cependant, malgré toute sa bonne volonté, les portes se ferment : son permis de conduire n’étant plus en règle, il ne trouve plus de travail. Sauf un petit plan facile, sans risque avec un max de blé à la clé, mais avouons-le, ce n’est pas très légal. Malheureusement pour Godan, le plan tourne au fiasco et il est arrêté par la PJ. Cet événement va dès lors marquer un tournant dans sa vie. Sous la pression, il n’a d’autre choix que de devenir... un indic’, au péril de sa vie... « GoSt111 » a remporté cette année le Fauve Polar SNCF, il le mérite bien tant le récit est solide et réaliste. Normal, me direz-vous, puisque le scénario a été coécrit avec un ancien commissaire. Son savoir, ses connaissances donnent une véritable authenticité à cette histoire de flics et de truands, dont l’atmosphère prenante, pesante vous embarque littéralement dans un monde empli de « survivants ». Le ton et les dialogues sont justes, pas de diatribe dithyrambique à n’en plus finir pour cacher la faiblesse d’un scénario, non ici tout est à sa place, les mots, les répliques, les silences... On s’attache bien sûr à Goran, qu’aurions-nous fait à sa place ? Comment donner un sens à une vie si difficile, sans espoir ? Marion Mousse, l’illustrateur, réalise quant à lui des planches somme toute d’aspect classique, sobre, mais très efficace, donnant encore plus de réalisme à ce destin. « GoSt111 » est un polar, une fiction, une œuvre qui étend, sans peut-être le vouloir à la base, son rôle de pure divertissement à celui d’étude sociologique et/ou philosophique de notre société. Alors ne serait-ce que pour cela, félicitations ! - Michaël
Conseils lecture
Justin Warner, chef américain émérite, est depuis 2010 à la tête d’une émission culinaire moderne et déjantée dont le merveilleux concept est d’imaginer des recettes pour les super-héros. En s’inspirant de leurs univers, de leurs origines, de leurs histoires… il vous propose de mijoter des petits plats originaux qui vous donneront sûrement des pouvoirs extraordinaires. Pour ce faire, vous trouverez dans cet ouvrage une compilation des meilleures préparations réalisées lors de ses émissions (à visionner également sur le site internet « Marvel.com », in English of course).
Attention ici on ne fait pas dans le détail et la finesse et on est plus proche de la street food que des recettes d’un étoilé Michelin. Mais c’est ça qui est bon ! Le plaisir tellement régressif que vous éprouverez en mangeant avec les doigts le hot-dog hypercalorique de votre super-héros préféré, et qui vous donnera une patate d’enfer. Attention quand même à ne pas trop en abuser si vous voulez plus ressembler à Batman, qu’à Fatman.
Autre avantage de ce livre : il vous permettra de découvrir des plats aux origines diverses et variées : scandinave avec Thor, africaine avec Black Panther, mais aussi italienne et sud-américaine, puisque la cuisine états-unienne a digéré depuis longtemps les recettes de ses diasporas. Enfin contre toute attente, cet ouvrage propose aussi des plats végétariens.
Un excellent morceau de pop culture à déguster en famille sans modération !
Un joli jeu de cartes où il vous faudra compter vos points… à l’envers !
Cette mécanique particulière sera vite prise en main, et que vous ayez remporté la partie ou subi une défaite écrasante, vous n’aurez qu’une envie : faire mieux !
C’est un jeu stratégique, avec une part de hasard qui saura rétablir l’équilibre entre des joueurs d’âges différents.
En plus de ça, le jeu est très joliment illustré. Chaque carte est unique, pleine de détails que vous remarquerez peut-être au fil des parties.
De 2 à 6 joueurs et à partir de 10 ans.
En 2018 à Moscou, un père succombe sous les coups de ses trois filles âgées alors de 17, 18 et 19 ans. C’est le point de départ du roman de Laura Poggioli qui tout au long de son ouvrage, tente de comprendre comment trois jeunes femmes peuvent concevoir un tel acte et le mettre à exécution. Grâce à de nombreuses archives elle recompose le quotidien de ces trois filles et de leur mère depuis leur enfance jusqu’à ce jour fatidique où elles passent à l’acte. On découvre alors un père qui n’en a que le nom, tyrannique, abusif, violent, un monstre en quelque sorte et une société russe complice où patriarcat et tradition légitiment les violences faites aux femmes, où la corruption, la religion et le communautarisme murent les victimes dans le silence.
Le récit ne s’arrête pas là car il trouve une résonnance particulière dans l’histoire personnelle de l’autrice. Elle aime profondément la Russie pour y avoir vécu à plusieurs reprises, pour avoir appris sa langue, aimé ces habitants. Elle se souvient tout au long du roman des moments passés là-bas, de ses amis, du bonheur partagé, de cette société attachante et contradictoire. Elle se souvient aussi de ce petit ami violent « Mitia », comment avait-elle pu accepter son comportement ? Elle se souvient de toutes les violences dont elle a été victime, de celles qui ont été faites à ses aïeules dans une autre société, en France. Et c’est là toute la force de ce livre. Non, les violences faites aux femmes ne sont pas une pratique barbare d’un autre pays, d’une autre culture ! Elles existent partout, au quotidien, jamais anodines et toujours insupportables.
Un roman parfois dur mais absolument nécessaire, qui vous met en face de vos responsabilités, comme les trois regards qui vous fixent sur la couverture du livre. Ceux de ces trois jeunes Moscovites : Krestina, Maria et Angelina, si lointaines et si proches, sacrifiées comme tant d’autres sur l’hôtel du patriarcat.
À Rome, Ottavia Salvaggio a décidé d’être maîtresse de son destin.
Cette cheffe de cuisine passionnée va prendre la suite de son père, persuadée qu’elle peut faire mieux que lui et que son grand-père avant lui.
En ouvrant ses propres restaurants, elle se réapproprie ce savoir-faire familial, autrefois le domaine des femmes.
Nous retraçant le parcours d’Ottavia sur plusieurs décennies, Julia Kerninon réussit à nouveau un magnifique portrait de femme.
Comme « Liv Maria », l’héroïne est forte, déterminée, intense et résolue à ne jamais se laisser enfermer.
« Sauvage » est un roman gastronomique autour de la vie d’une femme, de ses amours, de ses relations familiales. Il nous questionne également sur la violence dans le milieu de la cuisine.
C’est toujours avec plaisir que je retrouve la plume sensuelle et rythmée de Julia Kerninon.
Un livre à dévorer sans modération.
Selon la légende, le dernier souffle de vie d’un géant a le pouvoir de ressusciter un défunt. Sophia et Iris, inconsolables depuis la mort de leur mère, décident de partir vers le nord ou résident ces créatures à la férocité sans égale. Cette quête va les mener à l’autre bout du monde, vers d’innombrables dangers et bien plus près de la mort que de la vie…
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« Le souffle du géant » est une bande dessinée d’aventures dont l’action est menée tambour battant, de la première à la dernière page. Si le récit ne nous laisse guère de répit, il n’en demeure pas dénué d’émotions. Au contraire même, il en génère beaucoup par sa thématique, mais aussi principalement par sa mise en scène irréprochable générant un vrai suspense hollywoodien. Ce titre aborde avec justesse les sujets tabous de la mort, du deuil et de l’acceptation. En cela, il diffère des autres titres et son message positif ne peut être que bienfaiteur. Simplement touchant ! - Michaël
Dans la vie, Monsieur Grumpf aspire à une seule chose : sa tranquillité. Alors, lorsqu’il désire simplement balayer l’amoncellement de feuilles qui s’accumule devant chez lui et que, toutes les cinq minutes ses voisins viennent le déranger : l’agacement se fait sentir... Voici une petite bande dessinée très agréable à lire, une véritable promenade automnale. Ce titre est destiné aux plus jeunes à partir de 5 ans. Bien sûr, l’enfant devra être accompagné dans sa découverte de l’album. En effet, même si ce titre a été conçu sans texte, quelques dialogues animent tout de même l’ensemble. L’enfant y découvrira les valeurs de l’amitié, de l’entraide et de la générosité. De façon ludique, il abordera aussi le thème des saisons. Pour ce premier tome d’une série de quatre, l’automne est la trame de fond. Avec subtilité et tendresse, Dav évoque les changements qui s’opèrent dans la nature : hibernation, chute des feuilles... Le tout distillé dans une histoire touchante, dont le héros grognon a peut-être un plus gros cœur qu’on ne le croit. L’auteur peaufine l’œuvre par des illustrations animalières efficaces, au trait sûr et expressif teinté d’un bel orange de saison. - Michaël
Les dinosaures aussi ont des problèmes de santé : pour y remédier, ils se rendent à l’hôpital des dinosaures. Diplodocus, stégosaures et autres tyrannosaures viennent consulter le docteur Trodon qui leur fait passer une multitude d’examens, allant du scanner pour mesurer la taille de leur cerveau, aux radios pour voir comment leur squelette est constitué. Cet album, à la croisée de la fiction et du documentaire, mêle humour, petites histoires et informations passionnantes à propos de ces dinosaures qui fascinent toujours autant petits et grands. L’approche est extrêmement originale, ludique et mêle de manière totalement loufoque et avec succès jargon médical et univers des dinosaures. Hye-Won Kyung revient sur leur anatomie, expliquant par exemple pourquoi le stégosaure a des plaques sur le dos, ou bien pourquoi les maiasaura sont d’excellents parents. Les illustrations, très bien réalisées, donnent vie à ces animaux du Mésozoïque avec une mention spéciale pour les belles planches de squelettes dans lesquelles l’autrice-illustratrice s’en est donné à cœur joie.
Dans la clairière d'un bois, une souris rencontre un écureuil : « Je fais les plus belles crottes du monde ! » lui dit-elle. Et pour prouver ses dires, elle dépose une petite crotte sur un brin d'herbe. L'écureuil n'est pas de cet avis : c'est lui qui fait les plus belles crottes du monde. C'est alors que la belette, le putois, le renard, le loup, et même le cerf se mêlent à ce concours de la plus belle crotte ! Soudain, l'épervier fend les airs : « Le chasseur arrive ! » Mais ce dernier met sans faire exprès le pied dans la crotte de souris, glisse, tombe le genou dans la crotte de renard, et ainsi de suite... finalement, c'est bien lui la plus belle crotte du monde ! Ce bel album à la couverture brillante de Marie Pavlenko et Camille Garoche trouve son originalité dans le thème abordé. En effet, le concours de crotte est l'occasion de montrer une typologie des crottes des animaux : les descriptions, sans tomber dans l'extrême, sont détaillées et pédagogiques. Marie Pavlenko, sous couvert d'humour et d'un sujet qui peut prêter à sourire, voit là l'occasion de passer un message pour la défense de la cause animale.
Camille Garoche nous propose des illustrations colorées et documentées que ce soit sur la forme des différentes crottes, ou sur les animaux qui les produisent. La forêt qui prend forme sous son pinceau est accueillante, remplie de biodiversité, et tranche avec les pages dédiées au chasseur, colorées du rouge de la violence. Un album léger et didactique sur un sujet ô combien important pour les jeunes enfants, et qui ravira également les parents par sa chute et son message écologique. - Nolwenn
Grand-mère Doumia se rappelle son enfance à Paris, mais surtout les moments difficiles qu'elle a endurés. Cela la rend triste et mélancolique. Sa petite-fille la surprend dans cet état et ne peut s'empêcher de la questionner. C'est peut-être après tout le moment de tout lui raconter. De lui parler de cette enfance brisée par la guerre, de cette enfance volée par la rafle du Vel' d'Hiv, de cette enfance construite dans la peur et les humiliations d'être née juive durant la Seconde Guerre mondiale. Sans tomber dans le didactisme, Loïc Dauvillier nous livre ici un récit poignant sur la Seconde Guerre mondiale. Il ne montre aucune atrocité, mais sait les suggérer grâce au scénario et à la mise en scène. Un récit juste, sensible et pudique qui s'adresse aux enfants comme aux adultes. - Michaël
A son grand désarroi, Aubépine est partie vivre à la montagne avec sa famille. Là-bas, sa mère est au plus près afin d’étudier la dévastatrice migration des oiseaux géants, mais pour notre jeune héroïne, c’est la désolation. Il y a pourtant une vieille bergère énigmatique et ses chiens laineux. Il y a aussi des monstres bizarroïdes et le Génie Saligaud. Sans oublier son nouvel ami, Pelade le chien. Alors pourquoi se plaindre lorsque tous les ingrédients sont réunis pour vivre de belles aventures ? « Aubépine » est une série jeunesse saupoudrée d’humour, d’aventure et de fantastique. Le tout enveloppé d’un suspense constant. Karensac, aidé par Thom Pico, nous fait découvrir un univers riche et varié. Chaque personnage, chaque chose détient un secret, une histoire étrange et magique. Chaque rencontre et/ou faits et gestes entraînent Aubépine vers l’inconnu et l’au-delà... C’est rythmé, drôle et parfaitement illustré par un style cartoon qui amplifie la dramaturgie. Cette saga comico-fantastique comptera plusieurs volumes et n’est pas sans rappeler « Hilda », l’œuvre de Luke Pearson. Sans aucune hésitation, plongez-vous au coeur de cette histoire aux personnages si attachants. - Michaël
Amandine est autrice, alors qu’elle intervient un soir dans une librairie elle est interpellée par la profession d’une des participantes, thanatopractrice. Elle observe cette jeune femme dont le métier est de donner à la mort un visage présentable. Loin des clichés, elle est charmante, souriante et surtout elle ne sent pas la naphtaline.
Il n’en faut pas plus pour piquer la curiosité de l’autrice. Germe alors en elle l’idée d’une correspondance avec Gabrièle, la thanatopractrice : pourquoi a-t-elle choisi ce métier et plus généralement comment vit-elle cette proximité, cette intimité avec la mort ?
Il s’engage alors, un étrange échange, l’occasion aussi pour Amandine Dhée de s’interroger sur son propre rapport à la mort. De son angoisse personnelle, à la façon de l’expliquer à son fils, en passant par les fois où elle y a été confrontée, se dessine un chemin sensible et plein d’humour. Grâce à sa spontanéité et à sa franchise l’autrice réussit à désacraliser la mort et lui donne une figure humaine. Quand à Gabrielle, c’est passionnant de découvrir sa vocation et l’extrême intelligence et délicatesse dont elle fait preuve pour rendre plus acceptable aux familles la disparition d’un·e proche et pour que la/le défunt·e
garde toute dignité.
Un très bel ouvrage, particulièrement surprenant et émouvant.
Jean Doux est employé dans une entreprise spécialisée dans les broyeuses. Sa vie "pépère" bascule le jour ou il découvre l'existence du célèbre modèle de niveau 12, qui permet la découpe à l'echelle moléculaire, et qui n'était jusqu'alors qu'un mythe de bureau. Cette découverte va l'entraîner dans une aventure périlleuse où il pourrait bien perdre la vie ! Bon, disons les choses sérieusement : cette bande dessinée est à mourir de rire. Le récit est complètement loufoque, truffé de jeux de mots, de dialogues décalés et de situations absurdes. Philippe Valette s'est déchaîné dans cette oeuvre qui a déjà reçu de nombreuses récompenses : en 2017, le prix Landerneau BD et en 2018 le Fauve Polar SNCF d'Angoulême. Cela est mérité tant on savoure page après page les péripéties de Jean Doux, de Jean-Yves, de Jean-Daniel, de Jean-Pierre, de Jean-Pat... Le style graphique est tout aussi réussi, les illustrations sont percutantes, démonstratives et on se demanderait presque à la fin si la moustache n'est pas l'avenir de l'homme. Du pur délire ! - Michaël
Devenir zombie n’est pas forcément un état voulu, lorsque cela vous arrive, ainsi qu’à toute votre famille, il faut l’accepter et faire au mieux pour s’intégrer dans un monde de vivant·es… si appétissant·es…
Fortu, auteur aux multiples registres narratifs, livre cette fois une comédie noire, grinçante, aux portes de l’horreur. Rassurez-vous, rien de bien méchant si ce n’est que le récit nous raconte la difficile intégration d’une famille de zombies dans un monde où le cannibalisme n’est, espérons-le, plus à la mode. Ne voyez pas pour autant en ce titre une quelconque métaphore et/ou parabole cherchant à dénoncer notre société, mais plutôt une approche à la « What if… », et si cela arrivait ? Une des réponses est dans « La vie de ma mort », où Fortu, en quelque pages et quelques gags, nous propose sa vision. Les mini histoires de deux pages s’enchaînent chronologiquement liées par un fil conducteur, un événement important et véritable générateur de suspense. Les scènettes se succèdent et avec elles, bon nombre de quiproquos et de situations de non-sens.
« La vie de ma mort » est une farce, une blague qui sait jouer sur les différents registres de l’humour : le comique de situation, l’exagération, ou encore le trait d’esprit…
Ce titre donne donc le sourire et fait ainsi passer un bon moment, et cela, dans le monde des vivants, bien entendu !
"7 octobre 2023 Israël Gaza" est une fenêtre ouverte sur un monde souvent incompris. Avec une plume délicate et précise, les auteurs nous guident à travers les méandres d’un conflit qui a marqué notre époque.
Le livre brille par sa capacité à donner une voix à celles et ceux qui sont généralement réduits au silence. Il nous offre un aperçu des vies qui se déroulent derrière les lignes de front, nous rappelant que derrière chaque statistique, il y a une histoire humaine.
Ce qui distingue cet ouvrage, c’est son engagement à présenter une image équilibrée et nuancée du conflit. Il ne prend pas parti, mais nous invite plutôt à écouter, à comprendre et à réfléchir.
En somme, "7 octobre 2023 Israël Gaza" est plus qu’un livre, c’est un appel à l’empathie et à la compréhension. Une lecture incontournable pour celles et ceux qui cherchent à comprendre le monde dans lequel nous vivons.
Mio et Zoé, deux autrices aux univers bien différents, se retrouvent prises au piège dans une machine conçue pour voler leurs idées. Obligées de vivre leurs histoires et d'affronter leurs univers parfois impitoyables, elles vont devoir coopérer pour s'en sortir…
Une aventure à deux que vous n'êtes pas prêts d'oublier ! Choisissez d'incarner Mio ou Zoé, et affrontez tour à tour les créatures fantastiques ou les robots qui peuplent leur imagination, le tout dans des niveaux originaux et bourrés de bonnes idées !
Entre les scènes d'action et les vols à dos de dragon, il faudra aussi réfléchir… à deux. Les mécaniques très bien pensées en font un excellent jeu coopératif, à l'image de son prédécesseur It Takes Two (également disponible à la médiathèque sur Nintendo Switch) !
À partir de 12 ans.