Conseils lecture
Linus Baker travaille pour le Ministère de la Jeunesse Magique, et son quotidien tranquille et solitaire est perturbé par une mission de la plus haute importance : se rendre sur une île qui abrite un orphelinat hébergeant des pensionnaires aux pouvoirs extrêmement dangereux… Et écrire un rapport complet sur cet établissement.
Au fil des pages, on découvre un personnage principal très attachant qui a du mal à quitter sa zone de confort pour réaliser sa mission… et qui devra remettre en question ses préjugés pour faire les choix les plus justes. Les autres personnages ne sont pas en reste : les enfants de l’orphelinat et leurs caractères bien trempés ; Arthur Parnassus, leur tuteur qui se bat au quotidien pour les éduquer dans la bienveillance et, surtout, les protéger du monde extérieur et des discriminations…
C’est là le sujet principal du livre : la question des différences et des apparences, des préjugés et des discriminations. Sujet difficile, mais rendu accessible à un jeune public par ce roman tendre, plein de bienveillance, d’amitié et d’amour, et surtout d’espoir.
« Les plus grands changements débutent parfois par le plus petit des murmures. Les personnes qui partagent les mêmes valeurs le transforment simplement en rugissement. »
Vous êtes-vous déjà senti étranger dans votre propre pays ?
Ce livre raconte les histoires de celles et ceux qui ont dû faire face au racisme et à la discrimination en France.
"La France, tu l'aimes mais tu la quittes" : est un livre miroir tendu à notre société qui, à travers de bouleversants témoignages, interroge nos valeurs, nos aspirations et notre rapport à l'identité.
Un document poignant qui ne vous laissera pas indifférent.
Dans « Femme rebelle », Peter Bagge retrace le parcours de Margaret Sanger, fondatrice du planning familial et militante radicale et controversée de la condition féminine. Le titre de cette bande dessinée biographique se réfère au journal fondé par cette infirmière en 1914, intitulé « The Women Rebel » et sous-titré « Ni dieux, ni maîtres ». Dans ces pages, Margaret Sanger s’adressait directement aux femmes en leur fournissant des informations sur le contrôle des naissances : culotté dans l’Amérique conservatrice du début du 20e siècle... au point pour l’autrice de devoir s’exiler quelques temps sous pseudonyme au Royaume-Uni. De retour aux USA, Margaret se servira de son influence médiatique, de ses déboires et malheurs personnels pour servir son combat - le contrôle du corps des femmes par elles-mêmes. Combat qu’elle parviendra à porter hors des frontières américaines, influençant par exemple la réflexion sur la création du planning familial en France... dans les années 1950. Il fallait bien le style et la verve satyriques de Peter Bagge pour retracer un tel parcours sans faire l’impasse sur les zones d’ombre de cette féministe. Il évite l’hagiographie en enrichissant son travail graphique d’un imposant propos complémentaire. Il y explicite ses choix (de son sujet jusqu’à la couverture de la BD), précise certains points et donne en dernier lieu la parole à la biographe française de Margaret Sanger, Angeline Durand-Vallot, qui situe historiquement l’apport du combat de Sanger et rappelle à quel point celui-ci demeure d’actualité... - Aurélie
A l’heure des fake news et de la désinformation, l’Espace COOLturel vous propose de découvrir deux titres qui traitent de sujets médiatiques et sociopolitiques : “Pour une télé libre” et “Touche pas à mon peuple”.
“Pour une télé libre” de Julia Cagé, critique la logique d’un empire médiatique, en particulier le système Bolloré et appelle à la création de médias véritablement libres pour garantir la survie d’une pensée libre.
“Touche pas à mon peuple” de Claire Sécail, est un essai qui examine le populisme de Cyril Hanouna et son impact sur les principes du débat public et de la démocratie. L’autrice aborde la désinformation et la banalisation de la violence dans les échanges humains et citoyens.
Ces deux titres soulèvent des problématiques liées aux médias, à la démocratie et à la liberté d’expression. Ils invitent à la réflexion sur l’importance d’une information indépendante, libre et de qualité et d’une télévision qui serve l’intérêt public et non pas une propagande.
Être en internat, ce n’est pas toujours drôle. Encore moins lorsque l’on provoque une sorcière et qu’elle vous maudit pour toujours. Krum, Ulysse, Step, Mei et Ouss vont l’apprendre à leurs dépens. Leurs nuits ne seront plus jamais paisibles car ils sont désormais condamnés à voir et être vus par les monstres tapis dans l’ombre... Cette bande dessinée jeunesse horrifico-fantastique est écrite de façon nerveuse et dynamique. Pas de temps mort pour nos jeunes héros qui enchaînent cris et courses poursuites dans de nombreux chapitres. Il se dégage de cette histoire une atmosphère étrange et inquiétante qui fera frémir nos plus sensibles chérubins en quête de frissons. Une réussite du genre, aidée par des illustrations expressives et efficaces. Ulysse Malassagne signe une nouvelle fois un titre de grande qualité et donnera à coup sûr des envies d’aventures aux enfants, même les plus paisibles... - Michaël
En ces temps moyenâgeux, « l’Âge d’Or » n’est devenu pour beaucoup qu’une légende. Ce mythe abolissait les classes et rendait tous les êtres libres et égaux, prônait le partage et l’entraide. Ce monde a peut-être existé ou pourrait exister, mais quelles en seraient les conséquences pour ceux qui détiennent le pouvoir et l’argent ? Aussi, lorsque certains se mettent en quête d’une preuve de son existence, la tyrannie s’organise. Pendant ce temps, Tilda, l’héritière légitime, a perdu son royaume et pour ne pas perdre également la vie, doit fuir accompagnée de ses fidèles en direction du pays d’Ohman. Selon feu son père, un fabuleux trésor d’une puissance redoutable l’y attend. Quête de liberté pour quelques-uns, quête de pouvoir pour d’autres, les discordances naîtront et engendreront fatalement l’ultime affrontement. Le premier volume de ce diptyque est un véritable pavé de 228 pages. Il en fallait bien autant pour nous narrer la formidable épopée écrite par Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil. Les deux artistes nous proposent un récit fictif moyenâgeux à forte densité émotionnelle. Nous suivons, page après page, de nombreux personnages, chacun charismatique à sa façon et appartenant à des classes sociales différentes. Tous ont un combat, des valeurs à défendre, d’égalité et/ou de privilèges. Récit fictif ? Peut-être pas complètement ! Cette œuvre est une parabole de notre société actuelle et aborde très intelligemment les maux de notre quotidien : l’égoïsme et la paranoïa. Elle traite de l’égalité femme/homme et de l’égalité en générale. Elle prône le partage et l’entraide dans un monde où le système imposé nous rend de plus en plus individualistes. Réflexion politique, le récit questionne sur la démocratie et la place du citoyen. Voilà ce qui fait la force de ce roman graphique, association savamment équilibrée de fiction et de thématiques actuelles. Cyril Pedrosa, co-scénariste, signe également les illustrations, réussite picturale à signaler tant les planches proposées sont d’une incroyable beauté. La mise en couleur est puissante et est à elle seule un personnage à part entière du récit. Des tons vifs, tantôt chauds, tantôt froids, parfois psychédéliques, rehaussent le trait fin et délicat de l’artiste. L’utilisation de planches muettes, ô combien expressives, permet de reposer le récit et laisse libre court à la réflexion personnelle. Tous ces éléments, mesurés, équilibrés, font de ce récit une réussite totale et lui prédisent le plus bel avenir. - Michaël
Le monde tel que nous l’avons connu n’existe plus. La grande catastrophe a modifié à jamais l’avenir du genre humain. Victoria est l’une des rares survivantes. Elle erre dans cet univers dévasté à la recherche de ses parents qu’elle pense être la source d’une mystérieuse lumière apparaissant chaque nuit dans le ciel. Ce voyage, elle ne le fait pas seule : elle est accompagnée par Bajka, fidèle chienne dont la compagnie est source de réconfort. Un monde n’est plus, un nouveau est en place, mais les codes en sont bien différents... Bajka est une série jeunesse post-apocalyptique dont l’atout majeur est le mystère. Dans les deux premiers volumes de cette série, composée de 6 au total, nous faisons la connaissance de Victoria et Bajka, apprenons leur caractère et apprécions leur complicité. L’intrigue est posée, mais entourée d’un épais brouillard fait d’étrangeté et d’interrogations. Que s’est-il passé ? Qu’est devenu le genre humain, dont Victoria semble être la dernière représentante ? Et les animaux : sont-ils maintenant tous doués de parole ? Des questions, mais pas encore de réponses. Qu’importe puisque le récit est brillamment écrit. Le rythme est soutenu, la lecture rapide, ce qui nous frustre un peu car il faudra attendre encore pour en connaître la conclusion. Les illustrations de ce jeune artiste polonais sont fraîches et dynamiques. Il utilise un gaufrier avec peu de cases, au parfait mixage entre cultures états-unienne et européenne, d’où ce dynamisme qui nous entraîne. Ses planches, aux teintes orangées, rendent une ambiance particulière, pesante, et un jeu de couleurs permet aux jeunes lecteurs de pouvoir différencier l’avant et l’après apocalypse. Grâce à une atmosphère singulière et une mise en scène différente, ce titre se démarque de la production actuelle ; il mérite pour cela toute notre attention. - Michaël
L'auteur, autiste Asperger, nous raconte avec humour sa participation au jeu de Questions pour un champion. Roman drôle construit sur le rythme de l'émission télévisée, situation cocasses. Le lecteur se glisse aussi dans les coulisses de l'émission. Clins d'oeil critiques de la part de ce personnage, sans ihnibition qu'est l'auteur. Et, pour ceux qui aiment : l'occasion de répondre aux multiples questions. Un réel divertissement, mais aussi l'occasion d'aborder la différence à travers le vécu d'Olivier Liron
C.
Ohhhhh yoooo yooo... enfin à peu près ça ! Aah Tarzan, héros qui a bercé ma jeunesse, grâce notamment aux films de Johnny Weissmuller (12 films entre 1932 et 1948) et chaque semaine en bande dessinée dans le magazine télé. Tarzan, 26 volumes sortis entre 1912 et 1995 adaptés en bande dessinée, au cinéma et à la télévision. Ces médias consacreront le mythe et feront connaître ce personnage au monde entier. Oui mais voilà, que connaissons-nous vraiment de Tarzan, si ce n'est ces adaptations librement inspirées ?... Tarzan, seigneur de la jungle est le roman qui a vu naître "Peau blanche" (=Tarzan en langage gorille) et diffère quelque peu des œuvres précédemment citées. Edgar Rice Burroughs nous livre un récit plus noir, plus violent, en conformité, même si cela reste de l'imaginaire, avec le monde hostile de la jungle. Tuer pour ne pas être tué, voilà ce qui pourrait être la devise de l'homme singe. Mais ne croyez surtout pas que le récit est dénué de tout humanisme ou de morale, non il est aussi une critique de l'époque, de ces années de colonisation ou l'homme blanc a ravagé, pour de sombres ambitions d’expansions économiques et financières, tout un continent. Ces maux, pêchés de l'homme civilisé, Tarzan en fera les frais inexorablement. Il est une loi, bien plus forte que celle de la jungle, bien plus forte que le Seigneur de la jungle : le profit. Bien sûr on ne peut parler de Tarzan sans évoquer la belle Jane, qui offre au récit des passages d'un grand romantisme (un peu désuet) mais qu'on lit avec plaisir. Et Cheetah alors... suspense, je vous laisse le plaisir de découvrir ce grand roman d'aventure qui n'a de cesse d'inspirer encore aujourd'hui, une multitude d'artistes. - Michaël
"7 octobre 2023 Israël Gaza" est une fenêtre ouverte sur un monde souvent incompris. Avec une plume délicate et précise, les auteurs nous guident à travers les méandres d’un conflit qui a marqué notre époque.
Le livre brille par sa capacité à donner une voix à celles et ceux qui sont généralement réduits au silence. Il nous offre un aperçu des vies qui se déroulent derrière les lignes de front, nous rappelant que derrière chaque statistique, il y a une histoire humaine.
Ce qui distingue cet ouvrage, c’est son engagement à présenter une image équilibrée et nuancée du conflit. Il ne prend pas parti, mais nous invite plutôt à écouter, à comprendre et à réfléchir.
En somme, "7 octobre 2023 Israël Gaza" est plus qu’un livre, c’est un appel à l’empathie et à la compréhension. Une lecture incontournable pour celles et ceux qui cherchent à comprendre le monde dans lequel nous vivons.
Paola Pigani, écrivaine et poétesse, glisse nos pas dans ceux d’une jeune immigrée hongroise à Lyon en 1929.
Souhaitant fuir la vie paysanne et misérable de son pays elle se retrouve rapidement confrontée à un autre type de labeur tout aussi avilissant, celui des usines textile de l’est de la France.
Avec un grand sens du détail l’autrice nous décrit les conditions de travail inhumaines de la main d’œuvre en 1929. Conditions qui vont de surcroît encore se dégrader avec la crise économique qui vient d’éclater aux Etats-Unis.
La force de son récit est de nous faire découvrir la grande Histoire à travers le quotidien de ses personnages, ce qui la rend plus réelle, plus palpable. A travers leurs parcours l’autrice nous plonge au cœur de la lutte entre fascisme et communisme qui verra en France l’avènement du Front Populaire et du gouvernement de Léon Blum. Emportés par cet élan de solidarité on se met à rêver d’une société plus juste ou les êtres seraient tous égaux, où la démocratie française tiendrait enfin les promesses faites en 1789.
Un très beau travail d’autrice où la fluidité des mots s’oppose à la cadence des machines. Ou la souplesse et l’élégance de l’écriture redonnent aux personnages une apparence humaine, eux que le système relègue à la condition de bêtes de somme. Paola Pigiani dépeint avec talent la métamorphose de ces ouvrier·ères qui par la lutte reprennent peu à peu possession de leurs vies et y gagnent, plus que l’amélioration de leurs conditions de travail, une dignité.
Enfin ce roman a le mérite de nous rappeler que les immigré·es d’hier sont les Français·ses d’aujourd’hui et qu’iels ont lutté pour les avantages sociaux dont nous bénéficions encore, alors même qu’iels étaient victime de discrimination et de racisme.
"Tout le bleu du ciel" est le premier roman de Mélissa Da Costa. Il a été un immense succès en librairie. C’est, sans conteste, l’un de mes livres préférés.
Carbone et Juliette Bertaudière en proposent aujourd’hui une adaptation en bande dessinée, avec un point de vue inédit. Alors que le roman original nous faisait suivre l’histoire à travers les yeux d’Émile, cette fois, c’est sous le regard de Joanne que nous la vivons.
La jeune femme quitte tout pour rejoindre un inconnu en fin de vie, atteint d’un Alzheimer précoce. Ensemble, ils embarquent à bord d’un camping-car pour traverser les Pyrénées. Au fil du voyage, ils vivent une aventure à deux, mais cheminent également seuls, chacun face à ses blessures. L’escapade a des allures de vacances ; pourtant, la maladie s’impose progressivement, apportant avec elle tensions et bouleversements. Petit à petit, Joanne et Émile apprennent à se connaître, avec pudeur, découvrant ce qui les a conduits à fuir leur entourage et leur quotidien.
Les illustrations, aux teintes pastel — rose, jaune, bleu —, varient selon les états d’âme ou les instants du jour et de la nuit, pour une immersion dans l’histoire, sans trahir les sensations du roman. À la fin, les lettres écrites par Émile viennent sublimer le récit. Elles dévoilent ses pensées les plus profondes, ajoutent une intensité bouleversante et renforcent le lien entre les personnages.
Quel bonheur de retrouver Émile et Joanne ! J’ai replongé avec émotion dans leur périple touchant, qui nous mène du rire aux larmes, de la tendresse à la colère. Une véritable ode au voyage — qu’il soit sur la route ou spirituel —, à l’amitié, à la sérénité et à la résilience.
Un coup de cœur intemporel à découvrir ou redécouvrir absolument.