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Charrel, Marie

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Hannah Hoshiko est une Nissei, elle est née de parents japonais dans un pays étranger : le Canada. Boucs émissaires au lendemain de la crise de 1929, puis persécutés suite à l’alliance de leur pays avec l’Allemagne nazie, les japonais·es survivent comme iels peuvent dans un pays hostile, pliant l’échine sous les coups répétés de l’administration et de la population.
Jack est blanc, après le décès de sa mère, son père s’est remarié avec une indienne autochtone. Fuyant la « civilisation » il a adopté depuis longtemps le mode de vie des peuples premiers. Il est « creekwalker », son travail consiste à compter les saumons, afin d’établir des quotas de pêche et de préserver, ainsi, l’écosystème de la forêt.

C’est le récit de ces deux êtres, à la marge, que fait avec force sensibilité l’autrice, Marie Charrel. Tour à tour bousculés par l’injustice, heurtés par la mort, blessés par la barbarie, iels perdent l’équilibre, glissent dans les ravines, s’accrochent aux branches et se relèvent chancelants. Les yeux ébahis, le souffle court, nous nous laissons emporter par cette merveilleuse chorégraphie, où s’entremêlent l’opiniâtreté des combats, la confusion des sentiments et la beauté sauvage des paysages. 
Une danse, pleine de mystère où se tissent des liens inattendus. Un magnifique roman construit sur cette question, pierre angulaire : comment trouver dans l’imperfection du monde la beauté nécessaire à la résilience ?

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À la mort de sa mère, Sarah hérite d’une modeste maison isolée dans un village perdu des montagnes albanaises. Elle ne connaît rien de ses origines ni des raisons qui ont poussé sa mère à quitter l’Albanie pour l’Islande. Une seule consigne lui a été laissée dans une enveloppe : « Va là-bas. Trouve Elora. » Ce mystère l’entraîne dans un voyage où elle découvre un passé familial enfoui et profondément lié à l’histoire tourmentée du pays.

Le roman alterne entre deux voix féminines : celle de Sarah, aujourd’hui, qui part sur les traces de sa mère ; et celle d’Elora, dans les années 1990, enfant vive et attachante dont la vie bascule lorsque le régime communiste vient perturber la tranquillité de son village.

À travers ces destins qui se rejoignent peu à peu, Marie Charrel explore trois générations de femmes confrontées aux traditions ancestrales, aux superstitions, au poids du Kanun et à la violence de la dictature d’Enver Hoxha. La nature, omniprésente, devient refuge, force et symbole de liberté.

Ce récit mêle intimement histoire personnelle et grande Histoire, mythes albanais et quête d’émancipation, offrant une fresque poétique et puissante sur la liberté, la transmission et la résilience.

Une très belle lecture, qui permet de découvrir ce pays méconnu qu’est l’Albanie.